Thermalisme : trois offres de reprise pour Plombières

Publié le 02/03/2011
Le tribunal de commerce d'Epinal va devoir choisir entre l'actuel propriétaire, une régie municipaleet un groupe immobilier pour reprendre les thermes de Plombières-les-Bains.
Thermalisme : trois offres de reprise pour Plombières
Thermalisme : trois offres de reprise pour Plombières
Le tribunal de commerce d'Epinal va devoir choisir entre l'actuel propriétaire, une régie municipaleet un groupe immobilier pour reprendre les thermes de Plombières-les-Bains.

© Vosges Matin, Mercredi le 02 Mars 2011 / Vosges

 

Que vont devenir les thermes de Plombières ? (Archives)

Les candidats à la reprise de la station thermale de Plombières-les-Bains avaient jusqu'à lundi pour déposer une offre auprès de l'administrateur judiciaire, Me Krebs. Contrairement à la crainte de la municipalité plombinoise, qui a créé dans l'urgence une régie municipale pour sauver les thermes, il n'y a pas eu pénurie de propositions. Deux autres sont parvenues à Me Krebs. Mais pas celle, très attendue, du groupe Valvital, spécialiste du genre (lire en encadré).

Tout d'abord, un plan de continuation a été présenté par l'actuel propriétaire, Elysée Vendôme, assorti d'un échéancier pour apurer la dette. Jacques Bouvier, PDG du groupe, ne veut pas lâcher un site qui « offre de belles perspectives », où il s'est impliqué depuis huit ans et « a déjà beaucoup investi ». Il espère engranger « au fil des années les bénéfices de ses investissements qui lui permettraient ainsi de venir combler sa dette. »

De son côté, la municipalité a donc proposé une reprise en régie municipale. Selon Frédéric Dubouis, les élus n'avaient guère d'autre choix. « S'il y a liquidation, la station fermera ses portes et risque de ne plus jamais ouvrir ! » Impensable pour le maire. « Il faut vraiment que le thermalisme soit traité sérieusement », insiste-t-il, sans se priver de souligner le marasme dans lequel les thermes se trouvent aujourd'hui. « La perte est de 1,5 million d'euros en 2010. Est-ce que les actuels propriétaires ont fait ce qu'il fallait ? », s'interroge-t-il. Avant de rappeler que quatre stations thermales en France sont passées en régie municipale en 2010.

« La peste et le choléra »

Enfin, la surprise est venue de Xavier Million, gérant de la SARL Cap Europe. A la tête d'un hôtel résidence à Strasbourg et d'une vingtaine de salariés, ce jeune patron a dévoilé une candidature que personne n'attendait. Moins loquace que Frédéric Dubouis, le trentenaire préfère réserver ses commentaires pour plus tard. Il ne connaissait pas le site de Plombières avant de venir le visiter. « Nous ne sommes pas un spécialiste du thermalisme mais c'est complémentaire de notre activité », reconnaît Xavier Million. « On a communiqué des chiffres pour justifier de notre assise financière auprès de l'administrateur judiciaire », poursuit-il. Son plan prévoit de reprendre 70 salariés sur 90.

La découverte de ces trois offres laisse pantois Christophe Thomas, secrétaire général de la CFDT, qui était hier matin aux côtés des délégués syndicaux de l'établissement thermal pour un comité d'entreprise extraordinaire. « Entre le plan de continuation et la régie municipale, c'est le choix entre la peste et le choléra. » Il précise ses craintes : « Si on prend les mêmes et qu'on recommence, il n'y a pas de raison que ça change. Quant à la régie municipale, ça a déjà été fait et on sait que ça n'a pas marché ! »

Quoi qu'il en soit, les trois repreneurs potentiels n'auront pas à patienter bien longtemps. Le tribunal de commerce d'Epinal pourrait, en effet, rendre sa décision dès demain.

Une rapidité qui s'explique par l'ouverture de la saison thermale fixée au 4 avril. « Il faut que le nouvel exploitant ait le temps de se retourner car il y a des travaux à réaliser pour un montant d'environ 200 000 euros », précise Frédéric Dubouis. Prêt à tout pour sauver sa station et sa ville...

Cécilia CHERRIER

« Nous n'avons pas déposé d'offre pour la reprise de Plombières car nous n'avons pas eu tous les éléments que nous avions demandés », explique Bernard Riac, PDG de Valvital. Sans informations précises sur la comptabilité analytique, les charges, le personnel... et malgré une « bataille » avec l'administrateur judiciaire pour les obtenir, Bernard Riac s'est jugé « incapable de faire une offre ». C'était pourtant un candidat potentiel sérieux.

Le 2e groupe thermal français possède en effet douze établissements thermaux et emploie 350 salariés. Il s'était déjà positionné en 2002 pour la reprise des thermes. Sans succès. Il ne retentera pas sa chance cette fois. Pas question de partir dans le brouillard : « Nous ne sommes pas des aventuriers, ce n'est pas dans notre philosophie », dit-il, en ajoutant que les délais étaient très courts. Il rappelle que son groupe vient de racheter, il y a une quinzaine de jours, les thermes d'Aix-les-Bains.

« On a toujours dit qu'on était intéressés par Plombières, il y a du potentiel. C'est dommage pour eux qu'il n'y ait pas d'offre de professionnels du thermalisme », regrette Bernard Riac.