Tribunal de commerce : l'attente interminable des Novacare

Publié le 26/07/2011
Pour les 105 salariés de Novacare, placé en liquidation judiciaire le 9 juin dernier, l'attente continue. Le tribunal de commerce prendra sa décision mardi. Les choses s'annoncent compliquées.
Tribunal de commerce : l'attente interminable des Novacare
Tribunal de commerce : l'attente interminable des Novacare
Pour les 105 salariés de Novacare, placé en liquidation judiciaire le 9 juin dernier, l'attente continue. Le tribunal de commerce prendra sa décision mardi. Les choses s'annoncent compliquées.

© Vosges Matin, Samedi le 23 Juillet 2011 / Vosges

Très motivés, la quasi totalité des 105 salariés s'était déplacée au tribunal de commerce, comme à chaque fois. (Photos : Jérôme HUMBRECHT)

Les responsables syndicaux départementaux de la CFDT et de la CGT étaient venus soutenir les salariés hier matin.

Un des deux représentants envoyé par MatlinPatterson afin de négocier.

Laurent Andrès, candidat à la reprise.

L'ambiance était tendue une fois de plus hier au tribunal de commerce d'Epinal. Les 105 salariés de Novacare Riboth s'étaient déplacés en quasi-totalité pour une nouvelle matinée d'attente et d'angoisse dans le sous-sols de l'ancien Crédit Lyonnais transformé en salle d'audience du tribunal de commerce. Les salariés de la papeterie luttent pour la survie de leur entreprise, placée en redressement judiciaire le 9 juin dernier dans un contexte concurrentiel extrêmement difficile.

Mais hier, les juges du tribunal de commerce n'ont pas su trancher au terme d'une audience qui a duré près de deux heures. La décision sera rendue mardi prochain.

Deux solutions : l'arrêt complet de l'activité de fabrication de couches culottes à Laval-sur-Vologne ou une reprise à minima par Laurent Andrès, pdg de la société Bio Baby basée à Villeurbanne. Le seul candidat à la reprise a déposé hier à la dernière minute une ultime offre avec seulement 37 salariés.

Et c'est un sentiment de colère qui animait les salariés, les représentants du personnel et les responsables syndicaux de la CFDT et de la CGT venus les soutenir les Novacare hier matin. Car la pierre d'achoppement dans des négociations très tendues qui se sont tenues encore jeudi au Conseil général des Vosges, c'est le prix des machines. « Une machine qui est estimée à 250 000 euros ici dans les Vosges, on en réclame 650 000 » s'indigne Christophe Thomas, responsable départemental de la CFDT. Trois des principales machines de l'usine appartiennent toujours à l'ancien propriétaire, la société de capital investissement MatlinPatterson. Du temps de Novacare-Riboth, elles étaient louées à Rainer Güde, le patron allemand qui a quitté depuis le navire.

Du coup, les insultes ont fusé hier à l'issue de l'audience du tribunal de commerce contre l'ancien patron allemand, représenté par son avocate et surtout contre le fonds d'investissement, représenté également par deux avocats qui sont dans les Vosges depuis deux jours dans le cadre des négociations. « MatlinPatterson va retirer ses machines tranquillement. Ils n'ont fait aucun effort. On casse encore de l'emploi. On se fait encore une fois de plus de l'argent sur le dos des salariés », résume, amer Christophe Thomas. Très remonté, Sébastien Daniel le secrétaire du comité d'entreprise met en garde : « Les machines, de toute façon, elles ne sont pas parties. Elles peuvent aussi partir par petits bouts. »

Au sein des salariés de Novacare, c'est l'incompréhension. D'autant plus qu'une machine, sans l'équipement qui appartient quant à lui à Novacare ne vaut rien du tout, expliquent-ils. Les 105 salariés de Novacare Riboth, 42 ans de moyenne d'âge grâce notamment à de nombreuses jeunes femmes ont l'impression d'avoir été sacrifiés sur l'autel de la concurrence mondiale.

« Pas responsable »

« MatlinPatterson a subi de très grandes pressions de la part d'Ontex, le principal concurrent de Novacare », affirme Christophe Thomas.

Le porte-parole du groupe MatlinPatterson refuse de donner des commentaires sur les chiffres avancés par les Vosgiens. Le fonds de pension, en proie à la vindicte des syndicats vosgiens n'a pas envie d'être le grand méchant loup dans cette affaire. « Nous avons fait notre maximum pour l'entreprise et nous essayons encore aujourd'hui de faire notre maximum » souligne le porte-parole qui estime que dans cette histoire MatlinPatterson n'est pas coupable. « Les deux offres ne se sont pas rencontrées », précise-t-il.

Les salariés, eux, ne voient pas l'histoire du même oeil. En attendant la déicision du tribunal de commerce mardi matin, ils ont décidé de faire des tours de garde devant l'usine afin de protéger les machines, objet de toutes les convoitises. Quant au repreneur, il lui reste quelques jours pour travailler sur son plan de financement et ses prévisions pour l'entreprise.

Katrin TLUCZYKONT