Tribunal. La secrétaire CFDT Santé devant les juges

Publié le 26/09/2012
Hier, le tribunal d'Epinal portait une couleur prédominante : l'orange. Celle du syndicat CFDT présent en force avec une délégation d'une trentaine de personnes. Il ne s'agissait pourtant pas d'une manifestation mais d'un déplacement en soutien à Patricia Hacquard, la secrétaire générale de la CFDT Santé-Sociaux des Vosges.
Tribunal. La secrétaire CFDT Santé devant les juges
Tribunal. La secrétaire CFDT Santé devant les juges
Hier, le tribunal d'Epinal portait une couleur prédominante : l'orange. Celle du syndicat CFDT présent en force avec une délégation d'une trentaine de personnes. Il ne s'agissait pourtant pas d'une manifestation mais d'un déplacement en soutien à Patricia Hacquard, la secrétaire générale de la CFDT Santé-Sociaux des Vosges.

© Vosges Matin, Mercredi le 26 Septembre 2012 / Vosges / Remoncourt

 

 

Une trentaine de membres de la CFDT étaient venus soutenir Patricia Hacquard (au centre). (Photos Eric THIEBAUT)

Pour Me Florian Harquet, les mails utilisés par la secrétaire CFDT Santé-Sociaux ne sont pas sortis de leur contexte.

Me Banbanaste, avocat d'Antoine Garcia.

Remoncourt

La responsable syndicale comparaissait devant les juges pour diffamation envers Antoine Garcia, le directeur de la maison d'enfants à caractère social de Remoncourt.

Patricia Hacquard devait en effet répondre des propos tenus dans notre quotidien, les 19 et 22 avril dernier, au sujet des méthodes utilisées par Antoine Garcia afin de diriger l'établissement.

La secrétaire avait brandi des mails, censés provenir du directeur « incitant les salariés à user de violences pour maîtriser les gamins » selon ses dires de l'époque. Elle avait également déclaré qu'il existerait « des courriels professionnels ayant un caractère incitatif à la violence que les professionnels doivent appliquer ».

A la barre, Patricia Hacquard maintient ses déclarations, mais Hervé Banbanaste, l'avocat lyonnais d'Antoine Garcia, ne se contente pas de cette affirmation. Connaissait-elle le personnel ? A-t-elle déjà rencontré le directeur de l'établissement ? Y a-t-elle déjà travaillé ? La secrétaire répond à chaque question par la négative. « Quand on parle de quelqu'un, il faut le connaître », lui lance le conseil de la partie civile.

« Des mails stigmatisants pour les enfants »

Me Hervé Banbanaste va plus loin en lui demandant si, pour elle, les dirigeants incitaient les salariés à user de violence à l'égard des enfants. La prévenue répond sobrement qu'elle avait reçu ces mails et qu'elle avait été choquée par leur teneur.

Dominique Pete, médecin psychiatre à la retraite, est appelé en tant que témoin pour la défense. Pour lui, les courriels du directeur sont « stigmatisants pour les enfants ». Le retraité cite en exemple de nombreux courriels comme celui qui demanderait, en cas de crise, de mettre l'enfant dans une situation de rupture en criant plus fort que lui ou en claquant la porte. « Répondre à la violence par de la violence n'a jamais été une bonne solution. Quand on est directeur, on ne peut pas faire et dire n'importe quoi », déclare le témoin.

« Ces courriels sont tronqués et falsifiés »

Appelé à la barre, Antoine Garcia se dit effaré par ce qu'il vient d'entendre. « Cela fait 33 ans que je suis dans l'éducation spécialisée », lance le directeur tout en faisant état des divers contrôles diligentés depuis de nombreuses années et qui n'ont rien laissé transparaître d'anormal. « Un audit a été effectué en juillet et aucune plainte n'a jamais été déposée. Je ne suis pas un délinquant, je n'ai jamais maltraité un enfant. Ces courriels sont tronqués et falsifiés », rétorque le responsable.

Pour Me Banbanaste, « aucun mail n'incite les salariés à une violence physique. Les courriels produits par la défense n'existent que dans la tête de Patricia Hacquard. D'ailleurs, aucun salarié actuel de l'établissement n'a été cité par la défense », attaque l'avocat tout en soulignant qu'une grande partie du personnel de la maison de Remoncourt est présente dans la salle d'audience pour soutenir leur directeur.

Me Florian Harquet, avocat de la défense, enfonce le clou en affirmant que ces courriels existent bel et bien et qu'ils ne sont pas sortis de leur contexte. Pour lui, ces mails transpirent le manque de considération à l'attention de certains enfants. Selon l'avocat spinalien, il y aurait aussi une volonté de les humilier lorsqu'il s'agit de les transporter dans un « camion benne ».

« Ma cliente a fait état de ces courriels car elle considérait qu'ils étaient incitatifs à la maltraitance. Leurs contenus étaient pour elle choquants et anormaux. La relaxe s'impose. »

L'affaire a été mise en délibéré au 27 novembre prochain.

Sergio DE GOUVEIA