Union locale CFDT : La parole est à Michel Gravier

Publié le 17/11/2011
Le responsable juridique de l'union locale CFDT, Michel Gravier, défend depuis trente ans maintenantdes salariés en litige avec leurs employeurs. Il ne lève jamais le pied qui donne parfois des « coups ».
Union locale CFDT : La parole est à Michel Gravier
Union locale CFDT : La parole est à Michel Gravier
Le responsable juridique de l'union locale CFDT, Michel Gravier, défend depuis trente ans maintenantdes salariés en litige avec leurs employeurs. Il ne lève jamais le pied qui donne parfois des « coups ».

© Vosges Matin, Jeudi le 17 Novembre 2011 / Remiremont

Michel Gravier, responsable juridique de l'union locale CFDT, va jusqu'au conseil des prud'hommes pour défendre des dossiers. Les avocats le prennent très au sérieux.

Dans ses vêtements de tous les jours, Michel Gravier ne paie pas de mine. Ce responsable juridique de l'union locale de la CFDT se fond presque dans les dossiers qu'il défend bec et ongle depuis trente ans. Mais il est un redoutable adversaire, de l'aveu de cette avocate qui croise souvent son chemin dans les couloirs du conseil des prud'hommes à Épinal. « Il a une facilité orale », reconnaît celle qui se méfie du combat qui paraît illégal sur le papier. « Les magistrats ont face à eux quelqu'un de non professionnel, ils contrebalancent, lancent des perches pour l'aider et un équilibre se fait. »

Un traitement de faveur que préfère ignorer Michel Gravier. Il a l'expérience pour lui et un esprit de synthèse développé. Du coup, devant les avocats, il leur tient la dragée haute dans des joutes orales qui ne lui donneront pas forcément raison. Mais il aura tout tenté. Le 13 décembre, il saura si sa « cliente » a gagné contre son employeur. Une histoire de complément employeur aux indemnités journalières en cas de cure thermale. « Elle a eu un arrêt de travail pour ça, décidé par un médecin-conseil », appuie le syndicaliste. Il a épluché la convention collective de l'entreprise, l'avocate aussi. L'interprétation diffère. Le juge d'instance tranchera. Et Michel Gravier a tout donné une dernière fois dans cette départition prud'homale. « C'est un dossier pour lequel j'ai déjà plaidé mais les juges prud'homaux ne se sont pas mis d'accord », rappelle celui qui maîtrise le jargon et les procédures juridiques sur le bout des doigts, jamais rongés.

Et comme les grands en robes noires, il ajoute le geste à la parole. Il gesticule beaucoup derrière la barre, tape même de la pointe des pieds comme pour mieux temporiser ses arguments. Il veut récupérer les 900 EUR d'indemnités journalières. « C'est une question de principe. Et je demande même 3 500 EUR de dommages et intérêts pour résistance abusive. »

Chèque en bois ?

Il est coriace mais il n'a pas toujours besoin de sortir le grand jeu. Des affaires se règlent toutes seules. Les employeurs peuvent aussi faire preuve de bon sens. C'est le cas pour ce ressortissant turc qui réclamait des frais de déplacement de deux mois dans le Gard, accordés en amont par son employeur. Mais il ne remboursait pas les 1 600 EUR à son salarié. La veille du référé au conseil des prud'hommes, le préjudiciable a reçu un chèque. « Il faut s'assurer qu'il n'est pas en bois, donc je vais demander un report à court terme », prend ainsi toutes ses précautions Michel Gravier. Il ne se laisse endormir par l'ambiance soporifique de la salle d'audience, froide, de mauvais goût avec sa moquette murale et ses chaises en plastique et... vide. « Il n'y a jamais de public, alors que ça devrait être un réflexe citoyen de s'y intéresser », se désole-t-il. La déco n'y est pour rien. Les joutes orales entre les différents défenseurs valent vraiment le déplacement. Et cette route vers le quartier de la Magdeleine à Épinal, il la connaît par coeur. Il est à l'aise dans ces murs et ça s'entend...

Estelle LEMERLE-COHEN

estelle.lemerle@vosgesmatin.fr

Dans son local de la rue des Prêtres, l'équipe de l'union locale CFDT est à l'étroit. Des dossiers jonchent les tablettes, les placards, les bureaux, la moindre surface plate. Il y a de tout, de la petite à la grosse affaire, qui mobilise toutes les têtes pensantes : Michel Gravier, Carlo Buccinni, Jean-Marie Delacôte, tous trois disposés à plaider, avec plus ou moins d'expérience. Car, comme le dit si bien le responsable juridique Michel Gravier, « on ne s'improvise pas comme ça défenseur. »

La secrétaire, en contrat aidé, est témoin de tout ce capharnaüm verbal où toutes les affaires se croisent, s'entrechoquent avec des mots bien à eux qui ne laissent aucune place aux temps morts. « On a quatre ou cinq dossiers en ce moment en conciliation, plus des référés ponctuels, soit une dizaine depuis août. On en a une vingtaine entre la conciliation et le bureau de jugement et une demi-douzaine en appel », chiffre en vrac Michel Gravier. « Le record d'un dossier, c'est 7, 8 ans. »

Il retient surtout la centaine d'aides juridiques que lui et son équipe ont apportées sur les quatre cantons, leur territoire d'actions. C'est leur mission première : informer et orienter, « et pas forcément finir aux prud'hommes. » Et tous les secteurs font appel à cette structure interprofessionnelle.

La permanence est ouverte tous les jours, 31, rue des Prêtres. Contact au 03 29 62 11 54.