Valrupt Industrie en redressement ( ER, VM - Lorraine / Ma. 13 Mars 2018 )

Publié le 13/03/2018

L'entreprise de coton Valrupt Industries, basée à Rupt-sur-Moselle, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. La direction cherche un repreneur, elle a 6 mois pour trouver une solution.

 

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C'est l'un des derniers bastions de l'industrie textile. L'entreprise de coton Valrupt Industries dans les Vosges a déposé le bilan, jeudi. « Nos carnets de commandes sont pleins mais nos marges ne suffisent plus », résume le directeur Patrick Salagnac. Il faudrait que ces dernières tournent autour de 29 %, alors qu'elles arrivent péniblement à 18 %.

Pourquoi ? Comment ? Les réponses se suivent et se ressemblent, quelles que soient les entreprises. D'abord la grande distribution, dont les centrales d'achat tirent, toujours plus, les prix vers le bas. La concurrence internationale, ensuite, elle aussi féroce par ses prix. Enfin, les prix du coton qui s'envolent parfois, comme en 2011, passant en trois mois de 0,97 € le kilo à 4,20 €. L'entreprise familiale de Valrupt Industries dispose d'un actionnaire majoritaire. Pour financer les prochains investissements, l'arrivée de nouveaux associés ou d'un repreneur sera sans doute nécessaire. « La nouvelle de ce redressement est une déception parce que Valrupt a fait beaucoup d'efforts. Ils ont une équipe et un savoir-faire qui mérite de trouver des solutions », insiste Paul de Montclos, directeur de Garnier-Thiebaut.

130 salariés
 

Le tribunal de commerce de Paris a placé l'entreprise en redressement judiciaire, la laissant poursuivre ses activités. Après ces six mois d'observation, l'heure sera aux solutions. « J'aimerais qu'on trouve un repreneur », assure Patrick Salagnac, répétant avec angoisse « il y a 130 salariés ». « Pour l'instant, il n'y a pas de piquet de grève. Nous devons rencontrer les mandataires et discuter avec la direction. Le but est de trouver des solutions », assure Eddie Petitdemange secrétaire général adjoint de la CFDT service Vosges-Moselle.

La fermeture de l'usine, qui n'est pour l'instant pas exclue, entraînerait des conséquences en cascade sur le territoire. L'entreprise travaille avec 3 blanchisseurs et réinjecte chaque année 1,7 million d'euros sur le territoire.