Vesoul : l'entreprise Conflandey a fort à faire

Publié le 28/06/2012
Conflandey est partout. Il est le fil de fer dans le bout de plastique qui referme par exemple votre sachet de croissants par dix. On le trouve également dans les cageots, les ballots, les agrafes, les rayons de vélo, les soutien-gorge. On s'en sert encore dans la fabrication de brosses métalliques ou pour découper les pare-brise...
Vesoul : l'entreprise Conflandey a fort à faire
Vesoul : l'entreprise Conflandey a fort à faire
Conflandey est partout. Il est le fil de fer dans le bout de plastique qui referme par exemple votre sachet de croissants par dix. On le trouve également dans les cageots, les ballots, les agrafes, les rayons de vélo, les soutien-gorge. On s'en sert encore dans la fabrication de brosses métalliques ou pour découper les pare-brise...

© Vosges Matin, Jeudi le 28 Juin 2012 / Région Vosges

 

 

Laurent Corradini (CFDT métallurgie) a pris la parole à l'issue d'une réunion des actionnaires. (Photo Dominique ROQUELET)

Et depuis le rachat par le groupe allemand Saarstahl en 2006, il est aussi le fil dans le pneumatique Michelin et partie intégrante du câble sous-marin d'Alcatel. Ces deux marchés représentent rien qu'à eux deux près de 10 000 des 60 000 t produites chaque année sur le site de Conflandey (avec Port d'Atelier et Le Beuchot).

Des atouts, de la qualité, des niches, du savoir-faire, de la valeur ajoutée, l'entreprise n'en manque pas. Seulement, comme l'a rappelé hier Laurent Corradini (CFDT) devant une quarantaine de salariés à l'issue d'une réunion des actionnaires, « cinq des six derniers exercices sont déficitaires ».

« Des jeunes en CDD ou intérimaires confirmés »

D'après le bilan établi par le cabinet d'expertise (indépendant) Syndex sur la base des comptes 2010 et du prévisionnel 2011, « on perd des parts de marchés et on n'arrive pas à les reprendre », fait ressortir le secrétaire général CFDT. Comprendre que la concurrence est moins chère. Ce qui n'est pas forcément un gage pour l'avenir. Le syndicaliste prend ainsi en exemple Bedford, un client de produits « bag-tie » (lien de sachet), qui « est revenu et a passé la vitesse supérieure ». Le même produit qui avait été « quasiment abandonné à la reprise en 2006 » mais pour lequel « la qualité et la maîtrise Conflandey » font la différence. Même si le tonnage est limité (1 200 t/an) la valeur ajoutée est là et « ça fait travailler beaucoup d'ateliers. Il est prévu des investissements sur le bag-tie à fin 2012, début 2013, ce qui correspondrait à une production de 10 ou 11 containers par mois contre 2 ou 3 actuellement », optimise M. Corradini, beaucoup moins satisfait par ailleurs des perspectives sociales des 280 salariés de l'entreprise.

Notamment parce que les tréfileurs d'expérience commencent à partir en retraite (13 depuis le début 2012) et que la relève peine à gagner ses galons et sa place. Conséquence : « des commandes sont arrivées dans la première quinzaine de juin qu'on ne pourra honorer faute de personnel qualifié », s'inquiète Laurent Corradini, relevant qu'« il faut deux à trois ans pour former un tréfileur autonome ». Certes, « des jeunes en CDD ou intérimaires vont être confirmés, au nombre de 6 cette année, mais on veut plus d'embauches, de meilleures conditions de travail, une formation à la polyvalence... ».

De son côté, la direction demande surtout aux commerciaux de faire le forcing pour trouver de nouveaux clients ; elle cherche aussi à « réduire les coûts » et fait la « chasse au gaspillage »... La réorganisation de Conflandey Industries se poursuit ainsi. « On réagit du jour au lendemain... », ressent surtout le représentant syndical.

Philippe BROUILLARD