« Candidat des années 70-80 »

Publié le 24/01/2012
Brice Hortefeux, le responsable de la cellule riposte de l'UMP, a qualifié hier François Hollande de « candidat des années 70-80 ». Un élément de langage décliné ensuite par les ténors de la majorité présidentielle.
« Candidat des années 70-80 »
« Candidat des années 70-80 »
Brice Hortefeux, le responsable de la cellule riposte de l'UMP, a qualifié hier François Hollande de « candidat des années 70-80 ». Un élément de langage décliné ensuite par les ténors de la majorité présidentielle.

© Vosges Matin, Mardi le 24 Janvier 2012 / France

A la fin de son discours fleuve, dimanche au Bourget, le candidat socialiste a embrasé sa compagne, la journaliste Valerie Trierweiler. (Photo : AFP)

Après avoir réussi dimanche l'épreuve de son premier grand meeting de campagne, François Hollande s'attelait hier à la présentation de son programme présidentiel, prévue jeudi, tandis que l'UMP dénonçait un candidat des « années 1980 », loin des « priorités des Français ».

M. Hollande, qui avait achevé dimanche son discours en affirmant vouloir faire de l'éducation « une grande cause nationale », a reçu hier à son QG avenue de Ségur, les trois grandes fédérations syndicales du monde de l'éducation -- FSU, puis l'Unsa Education et Sgen-CFDT.

Intervenant ensuite lors d'un débat sur « la souffrance au travail », il a également fait une nouvelle proposition, celle de créer « une notation sociale des entreprises ».

Au QG de campagne, le sourire était de mise dans son entourage, à la fois satisfait des retombées de la grand-messe du Bourget la veille et « soulagé » après ce passage de haies réussi. « Un air de détente » ? a demandé une journaliste au candidat dans le couloir à l'issue de ses rencontres avec les syndicats. « Un air de confiance », a-t-il répondu en souriant.

Dimanche, dans un discours de près d'une heure trente, devant 25 000 personnes, le député de Corrèze a surpris en livrant déjà certaines de ses propositions -- sur le logement social, le livret A, la laïcité, la sécurité -- avant-même, la présentation jeudi de la « plateforme présidentielle », avec des mesures chiffrées.

M. Hollande et son équipe travaillent à un document de 15-20 pages, dont « 85 % » des mesures sont déjà connues, qui sera tiré à plusieurs millions d'exemplaires.

« Zéro économie,zéro réforme »

En désignant comme son « véritable adversaire » le « monde de la finance », M. Hollande a-t-il voulu marquer un virage à gauche ? Non, a répondu hier le porte-parole du parti, Benoît Hamon, se disant « certain que des électeurs modérés » pouvaient parfaitement s'y « reconnaître ». La plupart des éditoriaux de la presse nationale et régionale estimaient que la campagne du candidat PS à l'Elysée avait plutôt réussi son « décollage ». Le parti présidentiel a multiplié les déclarations, critiquant un « discours à l'ancienne, manichéen » d'où la crise était « absente » (Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy), qualifiant M. Hollande de « candidat des années 70-80 » (Brice Hortefeux, responsable de la cellule riposte de l'UMP).

La porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a jugé que « François Hollande, (c'était) zéro économie et zéro réforme », le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, estimant que M. Hollande n'avait « absolument pas les mêmes priorités que les Français ».

Le président du Modem, François Bayrou, a affirmé que son « ennemi, c'est le chômage », se démarquant ainsi du candidat PS François Hollande qui avait affirmé dimanche : « Mon ennemi, c'est la finance ».

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a déploré qu'il n'ait « pas dit un mot d'écologie dans son discours ». Philippe Poutou, candidat du NPA, a estimé que « le compte n'y (était) pas » sur l'emploi ou les retraites.

Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière à l'Elysée, avait souligné : « François Hollande a dénoncé le 'monde de la finance'. Mais les mesures annoncées tenaient plutôt de l'aspirine contre le cancer. »