« Donner plus de choix au salarié »

Publié le 28/01/2010
Jean-Louis Malys, le Monsieur retraites de la CFDT considère que la question de l'âge de départ à la retraite est secondaire. En revanche « il faut offrir plus de choix au salarié et tenir compte de la pénibilité du travail. »
« Donner plus de choix au salarié »
« Donner plus de choix au salarié »
Jean-Louis Malys, le Monsieur retraites de la CFDT considère que la question de l'âge de départ à la retraite est secondaire. En revanche « il faut offrir plus de choix au salarié et tenir compte de la pénibilité du travail. »

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 28 Janvier 2010. / Lorraine / Société 
 

 
Pour le Lorrain Jean-Louis Malys: « Il n'y a pas de solution miracle pour réformer les retraites.»
Le rapport du Conseil d'orientation des retraites remet-il en cause le système actuel ?
Jean-Louis MALYS
: « Le Conseil d'orientation des retraites (Cor) dans son rapport ne remet pas en cause le système de retraite par répartition, le président de la République non plus dans son intervention lundi soir. Le Cor se base toujours sur la solidarité entre les générations. En revanche il étudie la possibilité de transformer le système actuel en régime par points ou en comptes notionnels. A la CFDT, on s'inquiète des parcours professionnels de plus en plus hachés et de leurs conséquences sur les retraites des salariés. Le système est insuffisamment lisible pour l'assuré. Aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas de continuité dans une carrière, le salarié est confronté à un véritable casse-tête au moment de liquider sa retraite. La CFDT considère qu'il faut explorer toutes les pistes possibles. Pour les gens le système le plus efficace c'est celui qui précise ce que sa cotisation lui garantit en retour. »
On focalise beaucoup sur l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Faut-il y toucher ?
« Ce n'est plus un sujet tabou, mais il faut distinguer l'âge légal de départ à la retraite, de l'âge effectif de départ. Le choix de pouvoir partir à 60 ans doit être préservé. C'est un repère important même si on sait qu'il est tout à fait dépassé pour bon nombre de salariés. Aujourd'hui la véritable question concerne la durée de la cotisation. La CFDT a tout de même obtenu des départs avant l'âge de 60 ans pour des carrières longues. »
Le problème essentiel est bien quel financement et pour quelle retraite ?
« L'objectif de la réforme et ce vers quoi notre syndicat pousse, c'est de pouvoir offrir plus de choix au salarié. Trois données incontournables sont à prendre en considération. En premier le chômage. Aujourd'hui, il est clair qu'avec un taux de chômage de 10 % on pourra faire toutes les réformes que l'on veut, les systèmes sociaux seront tous déficitaires. L'absence de croissance pèse sur les comptes. Ensuite, il y a l'emploi des seniors : comment les maintenir au travail et dans quel emploi ? Enfin, on ne fera pas l'impasse sur la pénibilité. Le salarié actif dans un métier difficile et usant doit bénéficier de mesures spécifiques pour pouvoir partir plus tôt. Et il faut tout de même le constater, aujourd'hui globalement la relation du salarié dans son travail se détériore sérieusement avec en particulier la question du stress. Difficile dans ces conditions de donner envie aux gens de rester plus longtemps dans leur emploi. Pour ce qui est du financement, il est clair que le Fonds de réserve pour les retraites n'a pas été alimenté à cause des atermoiements des gouvernements successifs. La réforme qui va être engagée doit donner la possibilité au salarié d'avoir plus de choix. Sur cette question des retraites, les gens sont plus mûrs, même s'ils sont inquiets sur le niveau futur de leur pension. »