« Il y a tous les ingrédients pour que cela monte »

Publié le 24/03/2010
INTERVIEW
« Il y a tous les ingrédients pour que cela monte »
« Il y a tous les ingrédients pour que cela monte »
INTERVIEW

Mercredi 24 Mars 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

 

 
Alain Olive.
 Vous avez manifesté hier avec vos collègues de grandes organisations syndicales, comment avez-vous jugé le mouvement et la mobilisation ?
Ce n'était pas un raz de marée, mais la mobilisation était très correcte. Cette journée d'action interprofessionnelle sur l'emploi, les salaires, les conditions de travail et les retraites venant juste après les élections régionales qui auraient pu la cannibaliser en terme de visibilité médiatique n'est pas ridicule, nullement en demi-teinte. Les conditions d'une grande combativité, comme celle
de l'an dernier qui avait fait sortir des millions de manifestants dans les cortèges, sont-elles réunies au printemps 2010 ?
On a eu un bon tour de chauffe, mais nous n'en sommes pas encore aux mobilisations du printemps 2009. Il y a toutefois tous les ingrédients pour que ça monte : on est encore en pleine crise, le chômage continue d'augmenter avec la question de l'emploi au centre des préoccupations, et de plus en plus la question salariale dans le privé avec des conflits sur la feuille de paie. Dans la fonction publique, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux commence à avoir des effets, car on est en train de toucher à l'os et la crainte s'instaure sur l'emploi et les conditions de travail.
Quant aux retraites, on n'est pas encore entré dans le vif du sujet. Faire de la communication en affirmant que ce sera le vecteur identitaire de la politique présidentielle me paraît hasardeux.
Vos collègues Bernard
Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) veulent un sommet social en avril. Est-ce que cela vous parait une bonne idée, ou une
suggestion inutile puisque vos revendications peinent à être entendues ?
Le sommet social est programmé et va se tenir. Toute la question est de savoir ce qui va en sortir. Le dernier, le 18 février, n'a été qu'un tir à blanc. La balle est dans le camp présidentiel. Il faut qu'il dise si toutes les mesures de chômage partiel décidées il y a un an vont être reconduites, ce qu'il va faire pour les chômeurs de fin de droits, etc. Ce sommet est nécessaire : il faut des réponses à toutes ces questions d'emploi.


 

Propos recueillis par Jean-Louis DENES