« L'énergie du désespoir » du collectif SeaFrance

Publié le 07/01/2012
Jusqu'ici silencieux, une centaine de salariés « non-syndiqués » de SeaFrance ont exprimé hier avec « l'énergie du désespoir » leur désir de voir se relancer le projet de reprise de la compagnie par Louis-Dreyfus Armateurs et DFDS, et surtout de sauvegarder leurs emplois.
« L'énergie du désespoir » du collectif SeaFrance
« L'énergie du désespoir » du collectif SeaFrance
Jusqu'ici silencieux, une centaine de salariés « non-syndiqués » de SeaFrance ont exprimé hier avec « l'énergie du désespoir » leur désir de voir se relancer le projet de reprise de la compagnie par Louis-Dreyfus Armateurs et DFDS, et surtout de sauvegarder leurs emplois.

© Vosges Matin, Samedi le 07 Janvier 2012 / France 
 
Pour renouer le dialogue avec la société Louis-Dreyfus Armateurs dont l'offre de reprise avait été rejetée. (AFP) 

« SeaFrance risque très probablement d'être liquidée. Nous souhaiterions pouvoir renouer le dialogue avec Louis-Dreyfus Armateurs DFDS », déclare Caroline Hayart, l'une des initiatrices du collectif.

Dans une salle de la ville de Calais, ses membres exposent leur démarche à quelques heures des échéances finales pour la compagnie de ferries : « préserver l'emploi » et tenter de trouver une alternative à la Scop (Société coopérative et participative) défendue par la CFDT, majoritaire chez SeaFrance.

Un « SOS »

Caroline Hayart déplore qu'une offre de reprise de LDA-DFDS qui proposait de conserver 500 à 620 emplois, et qui s'engageait à maintenir l'activité pendant au moins cinq ans ait été « enterrée ». La CFDT avait refusé d'examiner la proposition.

« Si c'est une des solutions, il ne faut pas la laisser passer », dit Laurence Le Gonidec, salariée de SeaFrance depuis 22 ans, formant le voeu que le « SOS » soit entendu.

« C'est l'énergie du désespoir qui nous fait réagir », poursuit-elle devant ses collègues, plutôt attentistes.

« On espère être entendus au niveau du ministère des Transports », ajoute-t-elle, évoquant un « combat dans l'urgence », tout en se défendant d'être anti-CFDT ou anti-Scop.

Toutefois, Catherine Hayart craint que LDA-DFDS ne redépose pas d'offre d'ici à lundi. « Maintenant, à nous de nous faire entendre, c'est le moment où jamais. A nous d'entrer dans le jeu pour essayer de réamorcer un dialogue et de tenter de négocier ».

« A nous d'essayer aujourd'hui d'obtenir des garanties pour nos emplois », poursuit-elle, souhaitant que les salariés qui souhaitent partir puissent le faire.

La démarche du collectif est de « renouer un dialogue avec tous les acteurs du dossier SeaFrance en réinstaurant un climat de confiance d'écoute et d'ouverture », poursuit-elle, en appelant aux « idées » et « suggestions » des salariés.

« On veut explorer toutes les pistes qui ne l'ont pas été jusqu'à maintenant », renchérit Françoise Monfregola, autre membre du collectif.

Hubert Saussereau met en avant une « démarche d'ouverture ». Mais « on ne dit pas Amen à tout », dit-il en évoquant les offres de reclassement évoquées par le PDG de la SNCF Guillaume Pépy.

Françoise Monfregola, qui a eu au téléphone la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, a affirmé que celle-ci « mettrait tout en oeuvre pour nous aider, [...] elle ne nous laissera pas tomber ».