« Le boulot va foutre le camp »

Publié le 19/04/2012
Réactions : les syndicats de PSA remontés contre la stratégie de Renault
« Le boulot va foutre le camp »
« Le boulot va foutre le camp »
Réactions : les syndicats de PSA remontés contre la stratégie de Renault

© L'Est Républicain, Jeudi le 19 Avril 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

Jacques Mazzolini : « Il faut acheter français à condition d'avoir du pouvoir d'achat ». Photo ER

L'ARRIVÉE DE LA DACIA Lodgy sur le marché suscite de vives réactions au sein des organisations syndicales de PSA. À Sochaux, trois délégués livrent leur analyse.

FO : « C'est avec notre fric ! »

Il est d'autant plus énervé que pendant que le gouvernement encourage par son silence Renault à produire hors du territoire français, il met la pression sur PSA pour préserver les emplois. Pour le leader de FO, il est à craindre que son groupe automobile ne puisse longtemps rivaliser face à des véhicules produits dans des pays à bas coûts. Pour Pascal Pavillard, c'est presque une évidence : « Le boulot va foutre le camp » et il estime que le gouvernement à sa part de responsabilité.

CFE-CGC : « Il faut du pouvoir d'achat pour acheter français ». Du côté de la CFE-CGC, Jacques Mazzolini voit que l'Europe de l'Est et l'Europe centrale ne sont plus assez attractives pour les constructeurs qui cherchent à faire du dumping social. Pour Renault « je ne suis pas sûr que cela lui serve pour son avenir et ses gammes, à l'image du Senic et du Grand Senic concurrencés directement par cette nouvelle Dacia ». Évidemment, les clients ont leur part de responsabilité, à l'entendre. Ils devraient avoir un réflexe pour consommer français. Un patriotisme, s'empresse-t-il d'ajouter, qui a aussi ses limites : « Je ne sais pas si je vais toujours consommer français. Il faut du pouvoir d'achat pour acheter français. Mais avec les politiques salariales actuelles, le made in France induit un coût que tout le monde ne peut supporter ».

CFDT : « La qualité pour s'en sortir ». Face aux bas coûts, Guy Miseré de la CFDT suggère de parier sur la qualité. « Tout le monde est prêt à acheter des portables téléphoniques très chers parce qu'ils sont de qualité.

C'est notre défi pour faire face au low cost et pour ne pas disparaître comme l'industrie horlogerie française qui a été sacrifiée au moment de l'arrivée sur les marchés des montres à quartz venues d'Asie ».

A.P.

. Pascal Pavillard de Force Ouvrière observe que Renault délocalise de plus en plus sa production. Son constat ne se limite pas aux véhicules Dacia mais à l'ensemble des gammes du groupe Renault. Ce qui l'énerve, c'est que les délocalisations se font « avec notre fric. Renault, qui quand même appartient un peu à l'État, s'installe dans les pays low cost pour produire et ensuite importer des véhicules en France. Je le dis de façon crue, ça me gonfle ».