"On est chez nous" : Les salariés occupent la raffinerie Total de Dunkerque pour sauver le site.

Publié le 17/02/2010
Les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, en grève depuis un mois, ont investi hier les locaux administratifs du site menacé de fermeture, pour réclamer des réponses sur leur avenir et la nomination d'un médiateur, à la veille d'une grève nationale au sein du groupe.
"On est chez nous" : Les salariés occupent la raffinerie Total de Dunkerque pour sauver le site.
"On est chez nous" : Les salariés occupent la raffinerie Total de Dunkerque pour sauver le site.
Les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, en grève depuis un mois, ont investi hier les locaux administratifs du site menacé de fermeture, pour réclamer des réponses sur leur avenir et la nomination d'un médiateur, à la veille d'une grève nationale au sein du groupe.

Mercredi 17 Février 2010, © L'Est Républicain / FRANCE

 

Philippe Wullens, délégué Sud a appelé les grévistes à ne « surtout pas faire de dégâts ». « Pour l'instant, il est hors de question d'envahir la raffinerie, pour des raisons de sécurité », a-t-il souligné.
Malgré la présence d'une dizaine de vigiles, environ 150 grévistes ont forcé hier à l'aube l'entrée du siège de l'usine, dont l'activité de raffinage a été arrêtée depuis septembre.

« Un message symbolique »


Les syndicats avaient fixé à la direction un ultimatum expirant lundi à minuit, réclamant le redémarrage du site, faute de quoi ils menaçaient de « prendre possession de l'outil de travail ».
Après avoir occupé le rez-de-chaussée du bâtiment, des salariés munis d'une échelle ont investi les étages abritant les bureaux de la direction, tandis que d'autres bousculaient les vigiles pour accéder aux escaliers.
Aux cris de « on est chez nous », les salariés, ont pénétré dans le bureau du directeur, qui avait quitté les lieux quelques minutes plus tôt.
Ils se sont ensuite dirigés vers le toit du bâtiment pour y installer des banderoles réclamant « un avenir pour les Flandres » et des drapeaux aux couleurs des syndicats CGT, FO et Sud.
« Ils sont partis, ils ont lâché, c'est ce qu'on voulait. Maintenant on va occuper les bâtiments pour en faire notre nouveau piquet de grève », a déclaré Philippe Wullens, délégué Sud.
L'occupation se poursuivra « jour et nuit jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites », a-t-il martelé.
« On voulait envoyer un message symbolique fort sur notre détermination à la direction et aux salariés des autres raffineries du groupe. On a besoin de leur soutien maintenant », a indiqué Benjamin Tange, un ouvrier du site.
L'intersyndicale CGT-CFDT-FO-Sud de Total a appelé à un mouvement de grève sur l'ensemble des sites du groupe en France aujourd'hui et demain, en solidarité avec la raffinerie des Flandres, qui emploie 370 personnes.
La direction du groupe a convoqué pour le 29 mars un comité central extraordinaire pour examiner la situation du site, après avoir dans un premier temps reporté à juin sa décision sur le sujet.

« Marre d'entendre des histoires »


Mais les salariés de Dunkerque, en grève depuis le 12 janvier, réclament l'avancée du CCE à début mars. « Patienter un mois et demi de plus pour être fixé sur notre avenir, c'est inacceptable », explique Clément Mortier, en accrochant une banderole sur le toit du bâtiment.
« S'ils ont décidé de fermer l'usine, qu'ils le disent une bonne fois pour toutes, on en a marre d'entendre des histoires », s'énerve un salarié du site.
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a réaffirmé hier que l'emploi salarié serait garanti sur le site.