1er mai : une faible mobilisation

Publié le 02/05/2011
Le 1er mai 2011, tombant cette année un dimanche, n'a pas fait recette : les salariés ont boudé la célébration en France de la journée internationale des travailleurs, survenant dans une période de reflux après les grandes mobilisations de l'automne sur les retraites.
1er mai : une faible mobilisation
1er mai : une faible mobilisation
Le 1er mai 2011, tombant cette année un dimanche, n'a pas fait recette : les salariés ont boudé la célébration en France de la journée internationale des travailleurs, survenant dans une période de reflux après les grandes mobilisations de l'automne sur les retraites.

Vosges Matin, Lundi le 02 Mai 2011 / France / PARIS

 

Comme ici à Marseille, les cortèges du traditionnel 1er mai n'ont pas fait recette. (Photo AFP)

La CGT a fait état de « plus de 120 000 manifestants » dans l'Hexagone, où elle organisait avec quatre autres syndicats (CFDT, FSU, Solidaires et Unsa) des défilés dans 173 villes. C'est nettement moins que l'an dernier, lorsque l'annonce alors imminente de la réforme des retraites avait poussé 350 000 personnes dans les rues. Moins bien aussi qu'en 2009, dernier 1er mai historique, quand la récession avait conduit tous les syndicats à défiler ensemble, rassemblant selon eux 1,2 million de manifestants. Pour le ministère de l'Intérieur aussi, le 1er mai 2011 est en recul : 77 000 personnes ont défilé en France, deux fois et demi moins que l'an dernier (195 000).

FO, qui organisait des cortèges séparés, a fait pâle figure, avec 3 à 400 manifestants seulement à Paris. La participation au 1er mai retrouve ainsi son niveau, peu élevé, de la dernière décennie. « Il est très difficile de donner un sens commun à des mobilisations d'ampleur lorsqu'il n'y a pas d'élément fédérateur » comme les deux années précédentes, expliquait Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT.

« Le contrecoup »

« On subit aussi le contrecoup de la défaite du mouvement syndical sur les questions des retraites », abondait un responsable toulousain de la FSU, Bernard Dedeban.

Pour François Chérèque (CFDT), « le syndicalisme ce n'est pas seulement manifester dans la rue, c'est aussi les accords interprofessionnels », comme ceux signés ces dernières semaines (assurance chômage, retraites complémentaires, emploi des jeunes). La dirigeante CGT Nadine Prigent a averti que malgré tout, « les attentes sociales sont très importantes, car le malaise est profond et le gouvernement devra en tenir compte ».

Dans les régions, c'est Marseille qui a fait le moins mal, avec 5 OOO manifestants, selon les organisateurs (2 000 selon la police). Dans les autres grandes villes, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Nice, Strasbourg, Lille, etc., on n'a pas franchi le cap des 3 500, selon les syndicats. Parfois à peine plus d'un millier selon la police.