23e Congrès de l'UCR CFDT

Publié le 24/05/2011
Sous le signe de «l'avenir solidaire », la CFDT accueille cette semaine à Metz le 23e congrès de son Union des Retraités. Un syndicalisme plus actif qu'il ne paraît, en prise directe avec de lourds dossiers de société.
23e Congrès de l'UCR CFDT
23e Congrès de l'UCR CFDT
Sous le signe de «l'avenir solidaire », la CFDT accueille cette semaine à Metz le 23e congrès de son Union des Retraités. Un syndicalisme plus actif qu'il ne paraît, en prise directe avec de lourds dossiers de société.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 24 Mai 2011 / Région /

 

La CFDT s'active pour les retraites

Le Mosellan Gilbert Jérôme a accueilli le secrétaire général Michel Devacht en évoquant d'emblée la question des basses pensions de retraite.

 Photo RL

Pouvoir d'achat, santé, autonomie... Si l'ordre du jour du 23e congrès de l'union confédérale des retraités (UCR) CFDT ne pèche pas par excès d'originalité, il n'en manque pas pour autant d'actualité. Et si l'on en croit la détermination de son secrétaire général, Michel Devacht, les débats ne devraient pas manquer non plus d'esprit offensif.

Première évidence : les retraités qui ont choisi de rester dans le mouvement syndical veulent se faire entendre par tous, à commencer par leurs camarades salariés. « L'UCR est présente à tous les niveaux de la CFDT... sauf au bureau national, s'agace-t-il. Peut-être que nous leur faisons peur ? » Cela dit, cet ancien cheminot originaire du Nord n'est pas « amer ». Avec quelque 54 000 adhérents, son union représente 7 % des effectifs de la confédération, qui ne sont pas les moins motivés.

De quoi imposer des revendications partagées, au final, par l'ensemble de l'organisation. « Première revendication, le pouvoir d'achat et le niveau des pensions », attaque le Mosellan Gilbert Jérôme, que le congrès devrait porter au poste de secrétaire général adjoint. Selon les cédétistes, la pension d'un travailleur qui aurait perçu le Smic durant toute sa carrière avoisine les 850 EUR. La CFDT réclame le Smic intégral, et des mesures particulières pour ceux qui ont connu des parcours professionnels en dents de scie, à commencer par les femmes.

Financer l'autonomie

La politique de santé du gouvernement constitue l'autre gros dossier du congrès. « Pour ne pas augmenter les prélèvements sociaux, on multiplie les déremboursements, les prélèvements supplémentaires. En même temps, les dépassements d'honoraires des médecins se multiplient, et les cotisations aux complémentaires santé ne cessent de grimper. Ça finit par peser lourd ! »

A quoi s'ajoute le débat sur la prise en compte de la perte d'autonomie. Dotée de 7 milliards d'euros, l'APA représente « à peine deux fois la réduction de TVA pour les restaurateurs », s'étrangle Gilbert Jérôme. D'où, pour la CFDT, l'urgence d'étendre la journée de solidarité des salariés à toutes les activités, de taxer la transmission de tous les patrimoines, « en écartant le recours sur succession des personnes concernées », et d'aligner le taux de CSG des pensions de retraite sur celui des revenus d'activité. « C'est le prix de la solidarité », résume Gilbert Jérôme.

« Solidarité », c'est justement le maître mot de ce 23e congrès. Solidarité intergénérationnelle et activité intersyndicale. Ce dernier axe « reste notre priorité », insiste Michel Devacht, qui se félicite du dialogue continu avec les autres centrales syndicales et avec la Fédération générale des retraités de la fonction publique. Reste à faire vivre l'union confédérale de l'intérieur. Par exemple en incitant les femmes à prendre plus de responsabilités, et en généralisant le maintien des futurs retraités dans l'organisation, si possible avec l'appui de l'ensemble des structures syndicales. « Pour cela, il faut aussi convaincre toutes les organisations de la CFDT », soupire Michel Devacht. Apparemment, ça ne va pas de soi.