A quels efforts sont prêts les salariés ?

Publié le 22/11/2012
Une majorité de sondés sont prêts à allonger leur temps de travail ou à se reconvertir
A quels efforts sont prêts les salariés ?
A quels efforts sont prêts les salariés ?
Une majorité de sondés sont prêts à allonger leur temps de travail ou à se reconvertir

© L'Est Républicain, Jeudi le 22 Novembre 2012 / France-Monde + Républicain Lorrain + Vosges Matin


 
JEAN-MARC AYRAULT reçoit aujourd'hui les syndicats, engagés dans une longue négociation avec le patronat sur la réforme du marché du travail.

Face à la montée du chômage, une majorité de salariés seraient disposés à consentir des efforts pour conserver leur emploi.

Avec des résultats qui montrent une France coupée en deux. Ainsi, un sondage OpinionWay réalisé pour le cabinet Tilder et l'Institut Montaigne, indique que 53 % des Français seraient prêts à travailler 39 heures par semaine « pendant un an et sans augmentation de salaire » pour conserver leur emploi menacé. La surprise, c'est peut-être que 47 % ne seraient pas d'accord...

Un récent sondage Ipsos est encore plus favorable au patronat : 64 % seraient prêts à renoncer aux 35 heures, 59 % accepteraient un gel de leur salaire et 32 % iraient jusqu'à accepter une baisse de leur rémunération !

Pas n'importe quoi... pour les syndicats

Les négociations paritaires sur la sécurisation de l'emploi, menées actuellement entre syndicats et patronat, portent aussi sur cette question sensible. Pour la CFDT, par exemple, il s'agit d'encadrer les accords à venir dans les entreprises. De façon à ce que les salariés ne soient pas prêts à accepter n'importe quoi sans contrepartie.

Ailleurs en Europe, les exemples abondent. Ainsi, en Espagne, la société Renault a-t-elle imposé à ses salariés un accord qui permet « d'allonger la durée du travail d'un à trois jours par an, de plafonner les hausses salaires à la moitié de l'indice des prix, de créer une nouvelle grille pour les salaires d'embauche... »

Comme du pain béni

Si plus de la moitié des salariés envisagent bien de renoncer à certains avantages pour conserver leur job, ils sont nombreux aussi à se dire favorables à une reconversion.

L'AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) a demandé à l'Institut de sondage Ipsos une enquête sur ce sujet. Les résultats sont riches d'enseignements. Ainsi, 82 % des personnes n'ayant pas changé de métier au cours de leur vie et qui ne pensent pas en changer dans les 6 mois « envisagent une reconversion en cas de risque de licenciement ». Selon l'AFPA, 35 % des actifs « pourraient se réorienter professionnellement d'ici un an ». Sur la base des déclarations recueillies par les sondeurs d'Ipsos, il semble que « l'incapacité à exercer un nouveau métier ne concerne que 18 % des personnes » et l'incapacité à suivre un parcours de formation seulement 15 %.

Autant d'enquêtes et de sondages qui tombent comme pain béni pour le patronat pendant les négociations emploi. Est-ce vraiment un hasard ?...

Ludovic BASSAND