Accord sur les retraites complémentaires : la CFTC rejoint FO et la CFDT

Publié le 31/03/2011
La CFTC va signer le projet d'accord avec le Medef sur les retraites complémentaires, ce qui permettra son entrée en vigueur, la CFDT et FO ayant déjà donné leur approbation.
Accord sur les retraites complémentaires : la CFTC rejoint FO et la CFDT
Accord sur les retraites complémentaires : la CFTC rejoint FO et la CFDT
La CFTC va signer le projet d'accord avec le Medef sur les retraites complémentaires, ce qui permettra son entrée en vigueur, la CFDT et FO ayant déjà donné leur approbation.

L'Est Républicain, Jeudi le 31 Mars 2011 / France-Monde

 


 «On signe», a déclaré son président Jacques Voisin en précisant que cette décision avait été prise lundi soir par le bureau confédéral, à une «très large majorité».

L'annonce par la CGT puis la CFE-CGC qu'elles étaient prêtes à s'opposer à l'entrée en vigueur de l'accord faisait dépendre celle-ci de la position de la CFTC. Pour s'opposer à un accord, il faut en effet que la majorité des syndicats représentatifs, soit trois au minimum, décide de le faire.

Le projet intéresse directement 17,5 millions de salariés du privé, dont 3,7 millions de cadres, et 11,2 millions de retraités, dont 2,5 millions d'anciens cadres. La retraite complémentaire représente environ 30% du total de la retraite des salariés et de 55% à 60% de celle des cadres.

Le Medef intraitable

Le projet d'accord contient des mesures de consolidation à moyen terme, visant à éviter de laisser les régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés) dériver vers une situation d'aggravation des déficits. Mais le Medef s'est opposé à toute hausse des cotisations, réclamée par tous les syndicats sauf la CFDT.

En vertu de ce texte, les retraites complémentaires ne seront plus versées qu'à partir de 62 ans au lieu de 60, prenant en compte le recul de deux ans de l'âge légal de la retraite.

«On n'est pas euphorique» devant cet accord, «le point difficile» à accepter pour la CFTC étant qu'il n'y a «pas d'augmentation de cotisation» et donc «pas d'équilibre financier» des retraites complémentaires au-delà des prochaines années, a déclaré Jacques Voisin.

Toutefois, a-t-il ajouté, il y a deux clauses de rendez-vous à partir de 2013, dont une sur le financement, ce qui signifie que «la question des cotisations sera posée» à ce moment-là. En revanche, «il n'y a pas de mesure négative en elle-même» dans cet accord, selon lui.

« Sauver l'essentiel »

Le dirigeant syndical a noté avec satisfaction «la prolongation jusqu'en 2018 de l'AGFF», la structure qui finance les retraites complémentaires entre l'âge légal de la retraite et l'âge de 65 ans. Il a relevé «la stabilisation jusqu'en 2015» du taux de rendement, c'est-à-dire de ce à quoi donne droit pour la retraite chaque euro de cotisation versé.

M. Voisin s'est aussi réjoui des concessions patronales, par rapport à ses intentions initiales, concernant les majorations de retraite complémentaire pour les retraités ayant eu des enfants.

«On a sauvé l'essentiel», a-t-il conclu, sans cacher son «inquiétude» sur l'avenir de la protection sociale solidaire.