Aéroports : la grève continue

Publié le 22/12/2011
Après l'échec des négociations hier, la grève des agents de sûreté a été reconduite dans les aéroports malgré un impact limité. Nicolas Sarkozy a enjoint le gouvernement d'assurer le bon déroulement des départs en vacances de Noël.
Aéroports : la grève continue
Aéroports : la grève continue
Après l'échec des négociations hier, la grève des agents de sûreté a été reconduite dans les aéroports malgré un impact limité. Nicolas Sarkozy a enjoint le gouvernement d'assurer le bon déroulement des départs en vacances de Noël.

© Vosges Matin, Jeudi le 22 Décembre 2011 / France

Les grévistes ont manifesté hier à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Quelque 80 000 passagers y sont attendus aujourd'hui ainsi que 41 000 à Orly. (AFP)

La réunion, menée dans la journée à Roissy sous l'égide d'un médiateur, entre les entreprises de sûreté aéroportuaire et les syndicats a abouti à une impasse.

« Le mouvement est reconduit à jeudi. Les salariés sont très motivés et prêts à aller jusqu'au bout », a réagi Christine Hamiani, déléguée CGT Brink's à l'issue des discussions. « Nous ne sommes arrivés à rien, nos patrons se moquent de nous ».

Selon le syndicat de police Snop, le ministère de l'Intérieur aurait décidé de recourir aujourd'hui à des effectifs de la Police aux frontières (PAF) et de CRS pour remplacer les grévistes à Roissy.

Une information non confirmée par le ministère qui s'est borné à rappeler que « le dispositif de substitution peut être activé a tout moment ».

Les agents de sûreté réclament des négociations pour l'ensemble de la branche sur les conditions de travail et les salaires (en moyenne entre 1 100 et 1 400 euros, selon les syndicats, 1 600 selon le patronat).

Thierry Fressart, de la fédération des services CFDT, a réclamé une « table ronde avec le ministère de tutelle et les gestionnaires d'aéroports », précisant qu'aucune nouvelle réunion n'était prévue ce jeudi. Selon lui, des agents des sociétés Alizya et Brink's d'Orly rejoindront le mouvement aujourd'hui.

Un peu plus tôt, le président Nicolas Sarkozy avait demandé en conseil des ministres d'« être extrêmement attentifs à l'évolution de la situation » et de prendre « toutes les mesures nécessaires », selon la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse.

Le ministère de l'Intérieur avait annoncé dès mardi que 300 policiers de la PAF et 100 militaires de la gendarmerie des transports aériens (GTA) étaient « prêts à se substituer aux agents grévistes pour assurer les missions de fouille des passagers et des bagages ».

La CFDT a dénoncé cette décision « inadmissible et contradictoire avec le droit français ».

Comme depuis le début du mouvement social, aucune annulation de vol n'a été enregistrée à Roissy et Orly, a précisé Aéroports de Paris.

Hier, des files d'attente se sont formées aux heures de pointe à Roissy, aux terminaux 2F et 2E. En revanche, à Orly, la ponctualité des vols est restée normale, selon ADP.

Quelque 80 000 passagers sont attendus aujourd'hui à Roissy et 41 000 à Orly.

A Lyon-Saint-Exupéry, la grève a également été reconduite hier soir. Toutefois les vols ont été assurés, selon la direction de l'aéroport, qui a appelé en renfort d'autres sociétés de sûreté.

A l'aéroport de Nice Côte d'Azur, une intersyndicale Unsa-CGT-CFDT a décidé d'un nouveau préavis de grève à compter du 27 décembre 00 h 00, a-t-on appris auprès du syndicat CFTC.

« Demain, les agents reprennent le travail, on veut montrer qu'on est dans la négociation, bien que les négociations au niveau national n'aient pas avancé aujourd'hui », a précisé Jean-Claude Guillaume, président de la CFTC dans les Alpes-Maritimes.

Le 16 décembre, les syndicats des entreprises de sûreté ont lancé un préavis de grève national reconductible dans les différentes entreprises (ICTS France, Securitas, Brink's, Alyzia Sûreté, etc.), qui emploient 10 000 salariés, pour exiger une revalorisation des salaires et de meilleures conditions de travail.

Le président du Sesa (patronat) Patrick Thouverez a reconnu hier que « cette profession est un peu en mal de reconnaissance ». Il s'est dit favorable à des discussions sur les conditions de travail, mais pas sur les salaires.

Ce conflit, déclenché avant les fêtes de fin d'année, a relancé le débat sur l'encadrement du droit de grève dans les transports aériens.