Aéroports : la grève se poursuit et s'étend

Publié le 20/12/2011
Le mouvement de grève d'agents de sûreté devrait s'étendre aujourd'hui à d'autres aéroports,dont Nice, les salariés ayant décidé de poursuivre leur mouvement, faute de négociations.
Aéroports : la grève se poursuit et s'étend
Aéroports : la grève se poursuit et s'étend
Le mouvement de grève d'agents de sûreté devrait s'étendre aujourd'hui à d'autres aéroports,dont Nice, les salariés ayant décidé de poursuivre leur mouvement, faute de négociations.

© Vosges Matin, Mardi le 20 Décembre 2011 / France

Le gouvernement a nommé hier soir deux médiateurs pour tenter d'arrêter la grève des agents de sûreté et lancé un ultimatum pour qu'il soit mis fin au conflit avant Noël.

Outre Lyon, les aéroports de Roissy, Lyon et Toulouse, affectés depuis vendredi par la grève, ceux de Nice, Bâle-Mulhouse et Rennes doivent rejoindre le mouvement de grève interentreprises, ont indiqué la CGT et la CFDT, qui expliquent notamment ce durcissement par le ralliement de salariés de la société Alyzia, filiale d'Aéroports de Paris (ADP) (qui va être cédée à hauteur de 80 %).

Cependant la direction de l'aéroport de Lyon a déclaré hier en fin de journée que l'ensemble des vols prévus ce mardi seraient assurés.

Mais, pour la syndicaliste Christine Hamiani, déléguée CGT Brink's, « on sait très bien que, si on cède aujourd'hui, on restera dans la même spirale, on n'obtiendra rien et on continuera à nous traiter comme si nous étions du bétail ».

Les agents de sûreté, qui contrôlent bagages et passagers avant l'embarquement, exigent des négociations au niveau de la branche pour une revalorisation des salaires et des conditions de travail.

Le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa) avait proposé aux syndicats une réunion de négociation hier, conditionnée à la reprise du travail, avant de l'annuler faute de levée du préavis de grève.

Le patronat indique dans un communiqué être « prêt à engager une concertation sur le thème des conditions de travail » mais juge les demandes d'augmentation de salaires « totalement irréalistes ».

Exiger des syndicats qu'ils lèvent leur préavis de grève pour négocier, « c'est du chantage », a réagi Mohamed El Ammari, délégué syndical CFDT chez ICTS à Roissy. « Tant que le Sesa ne nous reçoit pas pour vraiment négocier sur nos revendications, on ne lâchera pas l'affaire ». Selon des syndicats, l'inspection générale du travail de Seine-Seine-Denis a proposé hier une médiation pour trouver un accord, après quatre jours de perturbation, ce que dément le Sesa.

Hier, l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, le quatrième du pays, restait encore affecté par la grève, même si la direction a estimé que la moyenne des retards était de l'ordre de 15 minutes. « 90 % des vols, soit 133 sur 150, ont été opérés avec un retard maximum de 1 heure et une moyenne sur la journée de 15 minutes », selon un communiqué de la direction.

Les grévistes ont dénoncé le recours à des agents extérieurs recrutés pour « briser la grève » et qui, selon eux, n'ont pas la formation requise.

« Tous les personnels mobilisés sont bien habilités », a garanti un porte-parole de la DGAC (direction générale de l'aviation civile), reconnaissant que ces salariés « peuvent venir d'autres plate-formes aéroportuaires ».

A Roissy, de nouvelles attentes (entre 30 et 45 minutes) aux postes de contrôle et retards restaient à prévoir, selon Aéroports de Paris (ADP). Les perturbations étaient concentrées sur les vols internationaux au terminal 2.

A 15 h, sur les 630 vols programmés au départ de Paris-Charles-de-Gaulle, 348 avaient décollé, selon ADP.

A Toulouse-Blagnac, des retards d'une demi-heure environ ont été observés toute la journée.

Le gouvernement a relancé l'idée d'encadrer le droit de grève dans l'aérien, comme c'est le cas dans les transports terrestres, option contestée par la fédération FO des transports. Il s'agirait notamment d'imposer aux grévistes de se déclarer 48 heures à l'avance et aux entreprises d'informer les passagers sur l'état prévisible du trafic 24 heures avant la grève.