Aéroports : le bras de fer

Publié le 21/12/2011
Le gouvernement s'est dit hier prêt à envoyer les forces de l'ordre aujourd'hui dans les aéroports pour se substituer aux agents de sûreté qui ont décidé de poursuivre leur grève, entamée vendredi dernier.
Aéroports : le bras de fer
Aéroports : le bras de fer
Le gouvernement s'est dit hier prêt à envoyer les forces de l'ordre aujourd'hui dans les aéroports pour se substituer aux agents de sûreté qui ont décidé de poursuivre leur grève, entamée vendredi dernier.

© Vosges Matin, Mercredi le 21 Décembre 2011 / France / PARIS

La grève des agents de sécurité perturbe depuis cinq jours les aéroports français.

(Photo AFP)

«Demain (mercredi) si la grève continue, la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens, et, en tant que de besoin, les CRS et la gendarmerie mobile seront mobilisées, pour faire en sorte que la sécurité dans les aéroports soit assurée ». La phrase est signée par la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, hier sur France Info. Elle symbolise un conflit qui s'est singulièrement durci durant les dernières 48 heures. « Nous ne laisserons pas les Français être otages de la grève », a-t-elle ajouté, assurant qu''il ne s'agit pas de remettre en cause le droit de grève, mais [...] d'assurer la sécurité ».

Trois cents policiers et cent gendarmes sont « d'ores et déjà prêts à se substituer aux agents grévistes », a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Ils pourraient assurer « les missions de fouilles des passagers et des bagages » et « feraient en sorte qu'aucun passager ne se retrouve bloqué », a indiqué le porte-parole.

Deux syndicats de policiers, FO et Alliance, se sont déclarés hostiles à ce recours aux forces de l'ordre, et un haut gradé de la gendarmerie s'est montré sceptique, particulièrement en cette période de fin d'année, pendant laquelle les plans Vigipirate sont renforcés.

Du côté des grévistes, Benamar Belkouche, délégué CFDT chez ICTS France à Roissy, a déclaré que « les patrons ne sont prêts à aucun effort ». « On leur a demandé de faire des contre-propositions, ce qu'ils ont encore refusé », a-t-il ajouté au cinquième jour de grève des agents de sûreté qui réclament des négociations au niveau de la branche pour obtenir notamment une hausse de salaire de 200 euros.

« Nous reconduisons le mouvement mercredi et je pense que la grève va se durcir et s'amplifier », a ajouté le syndicaliste, pour qui les aéroports de Mulhouse, Beauvais et Rennes devraient rejoindre le mouvement rapidement.

A Lyon, plate-forme qui comptait hier 85 % de grévistes selon la direction, 100 % selon les syndicats, « tout le personnel est prêt à repartir », a affirmé Edouard Nunez (Unsa-Brink's).

Tous les vols au départ de Lyon-Saint-Exupéry seront cependant assurés hier, a assuré la direction de l'aéroport, qui a reconduit son dispositif de mobilisation d'agents de sûreté extérieurs.

Nice, troisième aéroport du pays, rejoindra aujourd'hui le mouvement. Les salariés de ICTS France, Securitas, Brink's et SGA, les quatre sociétés d'agents de sûreté de l'aéroport, ont en effet voté en assemblée générale en faveur d'une grève à partir de 5 h.

Le gouvernement avait pourtant exprimé tout au long de la journée d'hier sa détermination à obtenir une sortie de crise, notamment avec la désignation de deux médiateurs, l'un à Roissy l'autre à Lyon.

Droit de grève : le débat relancé

Hier, à Roissy, les retards moyens des vols au départ étaient de 45 minutes, selon Aéroport de Paris (ADP). Aujourd'hui, près de 80 000 passagers sont prévus au départ.

Les entreprises d'agents de sûreté sont des prestataires des aéroports, pour lesquels ils contrôlent notamment les passagers avant embarquement. Remplissant une mission de service public, ils doivent déposer un préavis de grève cinq jours avant le début de leur mouvement.

Ce conflit a relancé le débat sur le droit de grève dans les transports, le gouvernement plaidant pour que soit transposé à l'aérien le dispositif en vigueur dans les transports terrestres. Un texte en ce sens sera d'ailleurs examiné à l'Assemblée le 24 janvier.