ArcelorMittal redresse la barre

Publié le 12/02/2010
Malgré la crise économique, le numéro un mondial de l'acier a enregistré un léger bénéfice en 2009. "Un véritable exploit" pour la CFDT.
ArcelorMittal redresse la barre
ArcelorMittal redresse la barre
Malgré la crise économique, le numéro un mondial de l'acier a enregistré un léger bénéfice en 2009. "Un véritable exploit" pour la CFDT.

Jeudi 11 Février 2010, © Vosges Matin / REGION

 

Après une 'baisse des commandes féroces', les installations fonctionnaient à 45-50 % de leurs capacités. Un chiffre qui devrait s'élever à 75 % en cours d'année selon le syndicat CFDT.
Souvenez-vous. Il y a seulement quelques mois, de lourds nuages s'amoncelaient au-dessus du siège d'ArcelorMittal au Luxembourg. Les économistes les plus avertis pronostiquaient alors un exercice particulièrement difficile pour le géant de l'acier en raison d'une crise sans précédent dans le monde. Certains évoquaient même l'hypothèse de pertes colossales et pariaient sur un effondrement de l'empire de la famille Mittal. Il faut dire que de nombreux indicateurs leur donnaient raison. L'industrie automobile, touchée de plein fouet par un repli conséquent, ne consommait plus d'acier, se contentant de puiser dans ses stocks pour fabriquer en priorité de petits modèles. Pris à la gorge, ArcelorMittal mettait en place un plan drastique de réductions d'effectifs et stoppait plus d'un haut-fourneau sur deux dans toute l'Europe. L'inquiétude était grande en Lorraine et plus particulièrement dans le secteur de Florange où beaucoup craignaient la mort de la sidérurgie régionale. Les sous-traitants se sont alors débarrassés des salariés en intérim et le personnel d'ArcelorMittal en CDD était remercié pour cause de baisse d'activité. Diminution des effectifs Certes, 2009 n'a pas souri -euphémisme- à l'aciériste mais finalement, l'année n'a pas été aussi catastrophique que prévu. La preuve ? Le groupe a enregistré un bénéfice net de 118 millions de dollars et évité un plongeon dans le rouge. Bon, Lakshmi Mittal ne peut pas vraiment parler de bon résultat puisqu'en 2008, il avait engrangé la bagatelle de 9,4 milliards de dollars ! En outre, le chiffre d'affaires a été divisé par deux, s'établissant à 65,1 milliards de dollars. En fait, la reprise a commencé à se faire sentir l'été dernier. Après un début d'année assez catastrophique, ArcelorMittal a redressé la barre grâce à ' davantage d'expéditions d'acier et à une hausse des prix de vente. ' L'état-major du géant reste néanmoins très prudent et redoute une ' légère baisse des prix ', durant le premier trimestre 2010, qui devrait ' peser sur les performances opérationnelles. ' Pour Édouard Martin, délégué syndical central CFDT, il est clair que le groupe a réussi ' un exploit en 2009. ' ' De mémoire de sidérurgiste, on n'a jamais enregistré de crise aussi grave et Mittal est parvenu à réaliser un bénéfice modeste, mais un bénéfice. ' Il nuance toutefois son propos : ' Si Mittal reste bénéficiaire, c'est parce qu'il a diminué les coûts de production et les frais fixes. Il ne faut pas oublier que le groupe s'est séparé de 40 000 salariés. C'est le personnel qui a fait les frais de cette politique en perdant en moyenne près de 3 000 € par an. On a supprimé les primes de performance, l'intéressement, etc. ' Le syndicaliste avoue avoir eu ' peur lorsque 14 des 25 hauts-fourneaux européens ont été arrêtés. La baisse des commandes a été féroce. Les installations fonctionnaient à 45-50 % de leurs capacités. Ce pourcentage devrait monter à 75 % en cours d'année. ' Commence s'annonce 2010 ? ' Le premier semestre ne devrait pas poser de problèmes, les industriels reconstituent des stocks, on sent une petite reprise, ensuite, c'est plus flou. ' On ne saurait mieux dire. Dominique CAMPISTRON dcampistron@estrepublicain.fr


 

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