Assurance-chômage : vers un statu quo

Publié le 25/01/2011
Indemnisation : Syndicats et Medef s'orientent vers un prolongement du dispositif destiné aux demandeurs d'emploi
Assurance-chômage : vers un statu quo
Assurance-chômage : vers un statu quo
Indemnisation : Syndicats et Medef s'orientent vers un prolongement du dispositif destiné aux demandeurs d'emploi

L'Est Républicain, Mardi le 25 Janvier 2011 / Ouverture France-Monde

 

COMMENT INDEMNISER les demandeurs d'emploi pour les trois prochaines années ? C'est l'objectif des négociations entamées hier soir. Le dispositif de convention d'assurance-chômage arrive à expiration au 31 mars prochain. Il revient aux partenaires sociaux et Medef de définir le cadre futur.

Sur le fond, la volonté des syndicats s'oriente vers un statu quo des allocations pour ceux qui ont travaillé au moins quatre mois dans les 28 derniers mois, avec une allocation versée au prorata du temps travaillé auparavant : jusqu'à deux ans maximum, trois ans pour plus de 50 ans. Insufflé par la CFDT, le choix des «quatre mois» (au lieu de six jusqu'alors) a contribué au fameux contexte d'«amortisseur social» vanté en France au plus fort de la crise. Avec, certes le coût pour l'Unedic de 313.000 personnes indemnisées supplémentaires : 1,2 milliard d'EUR. D'autant que sur fond de réductions de rentrées, les recettes ont fondu poussant le déficit au-delà des 8 milliards à la fin de l'année dernière.

Cadres : statut menacé ?

Malgré tout, à quinze mois des futures présidentielles, les parties semblent s'orienter vers un consensus, ainsi qu'il ressort des pré-négociations en coulisses.

Chez les cadres, où l'on plaide aussi pour le prolongement du dispositif en l'état, on s'inquiète du projet de baisser le plafond et la durée d'indemnisation des cadres, afin de donner de l'air aux mesures d'accompagnement en direction des jeunes. «Pas question», répond déjà l'UFE-CGC. «Nous le disons par précaution car nous sentons que notre statut est, quelque part, l'objet d'une menace», souligne Marie-Françoise Leflon, secrétaire nationale pôle emploi au syndicat des cadres. «Qu'il s'agisse du montant des cotisations ou de celui de l'indemnisation, nous refuserons toute modification». Autre expression du désir de statu quo relayé par la confédération des cadres, l'intransigeance commune affichée concernant une éventuelle hausse des cotisations. «L'envisager, pourquoi pas», réfléchit-elle. «Mais seulement quand nous serons sortis de la crise, ce qui est loin d'être le cas. Envisager diminuer encore le pouvoir d'achat alors que nous ne sommes pas sortis de la crise n'aurait pas de sens».

Autre incertitude, concernant les effets de la rupture conventionnelle très en vogue (environ 500.000 signatures). « C'est un succès qui se justifie », précise Mme Leflon. «Mais son coût se déplace vers l'assurance-chômage, et il convient d'observer de plus près le dispositif appliqué aux plus de 57 ans».

Antoine PETRY