Bernard Thibault ne rempilera pas

Publié le 25/01/2012
A la tête de la CGT depuis 13 ans, Bernard Thibault a annoncé hier qu'il ne briguera pas un nouveau mandat en 2013.
Bernard Thibault ne rempilera pas
Bernard Thibault ne rempilera pas
A la tête de la CGT depuis 13 ans, Bernard Thibault a annoncé hier qu'il ne briguera pas un nouveau mandat en 2013.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 25 Janvier 2012 / IG /

 

 

Bernard Thibault a été l'artisan d'une évolution du premier syndicat français vers plus d'ouverture et d'indépendance à l'égard du politique. Photo REUTERS

C'est dans un courrier au Comité confédéral national, chargé de préparer le 50e Congrès CGT prévu à Toulouse en mars 2013, que Bernard Thibault, l'ancien cheminot de 53 ans, a fait part de son choix de ne pas solliciter sa reconduction au poste de secrétaire général, après quatre mandats successifs, le premier en 1999.

C'est « dans l'intérêt de la CGT » que Thibault a affirmé avoir accepté « plusieurs responsabilités à la CGT » et c'est aussi au nom de cet « intérêt » qu'il « laisse la place » pour permettre le renouvellement de la direction « au moment opportun », écrit-il. Sa décision n'est pas mue par des « problèmes d'ordre personnel ou familial », comme la presse l'avait insinué l'an dernier, affirme-t-il, et « encore moins par un projet » qui serait lié aux « échéances politiques » de 2012. « L'expérience est un atout », assure-t-il, mais « il faut faire attention à ce qu'elle ne se transforme pas au fil des temps en un handicap » dans « la perception des nouveaux enjeux ».

Nouvelles générations

Il rappelle l'un des principaux défis auquel est confrontée la CGT, celui d'impliquer de « nouvelles générations et de nouvelles catégories de salariés » dans le combat syndical, alors que la centrale de Montreuil compte en son sein beaucoup plus de fonctionnaires et de salariés du secteur public que du privé.

En 13 ans, Thibault a réussi à modifier l'image de la centrale qu'on appelait autrefois la « courroie de transmission du PCF ». « Il a aussi rénové l'image de la CGT plus jeune, plus dynamique », souligne le chercheur Jean-Marie Pernot (Ires).

Plusieurs chantiers de réforme ont été lancés dont certains plutôt couronnés de succès comme la réforme des cotisations ou le rapprochement depuis 2006 avec la CFDT. Mais la grande réforme des structures de la CGT est restée inachevée.

La course à sa succession s'ouvre sans dauphin désigné. Il y a deux favoris : l'un vient du privé, Eric Aubin, patron de la fédération de la construction. L'autre, Nadine Prigent, vient du secteur public. D'autres noms circulent, comme celui de Mohammed Oussedik, membre de la direction.