Bruno Lamour, Secrétaire général de la Fep-Cfdt

Publié le 27/09/2011
« Cinq organisations syndicales de l'enseignement privé unies aux côtés des syndicats du public et un même mot d'ordre »
Bruno Lamour, Secrétaire général de la Fep-Cfdt
Bruno Lamour, Secrétaire général de la Fep-Cfdt
« Cinq organisations syndicales de l'enseignement privé unies aux côtés des syndicats du public et un même mot d'ordre »

© L'Est Républicain, Mardi le 27 Septembre 2011 / France-Monde

 

L'enseignement privé s'associe à l'appel à la grève des syndicats du public. C'est inédit...

Notre organisation a régulièrement appelé à la mobilisation quand l'Education nationale nous semblait menacée. Ce qui est inédit aujourd'hui, c'est que les 5 organisations syndicales (2) de l'enseignement privé sous contrat avec l'Etat se sont unies, ont fait taire leurs divisions, pour un même mot d'ordre aux côtés des syndicats du public : stop aux suppressions de postes. Entre 2008 et 2011, le privé sous contrat a perdu 5.000 emplois au niveau national, 1.433 en cette rentrée et plus de 1.300 sont annoncées pour 2012. Chez nous, une suppression égale un poste d'enseignant. Cela se traduit par des classes fermées dans le primaire, des pertes d'heures dans le secondaire, une offre de formation qui se réduit...

Vos revendications se veulent-elles spécifiques ?

Non, nos préoccupations sont identiques à celles de nos collègues du public. Là où il y a des fermetures en nombre, dans le primaire notamment, les classes sont surchargées. Ce n'est pas la norme partout en France, cela concerne surtout les terres de forte implantation comme le Nord ou la Bretagne, ou encore les territoires ruraux comme l'Auvergne par exemple, où le réseau de l'enseignement catholique qui représente plus de 90 % de l'enseignement privé sous contrat, n'est pas énorme. Là on constate d'énormes difficultés, tant en primaire qu'au collège. Les conditions de travail se sont dégradées.

Le mot d'ordre aujourd'hui ?

Nous seront dans la rue sous ce slogan : Zéro suppression d'emploi en 2012 pour l'Education nationale. Derrière ces conditions de travail dégradées, c'est entre autres la prise en charge des élèves les plus en difficulté qui devient impossible. Derrière cette mobilisation, il y a aussi un appel à ouvrir les yeux et à redonner du sens à l'école. Nous appelons à un vrai débat de fond.

Redonner du sens à l'école, cela signifie quoi ?

Cela signifie la réussite de tous les gamins, cela signifie qu'il faut se réinterroger sur la place du collège. S'interroger sur le primaire aussi, beaucoup touché par les réformes de Darcos. Réfléchir à sa mission, quand 15 à 20 % des enfants en sortent en difficultés profondes de lecture. Et quand on tire le fil, on s'interroge : quelle qualité de formation les enseignants reçoivent-ils, de manière initiale, continue ? Quand on demande d'accompagner de façon plus individualisée les élèves, cela s'apprend. A l'école, on a l'impression qu'on décrète et qu'il suffit d'appliquer.

Que pèse l'enseignement privé ?

L'enseignement privé sous contrat, c'est 135.000 enseignants avec une dominante sur le second degré et côté élèves 17 à 18 % des effectifs.

Marie-Hélène VERNIER

(1) Principale fédération des enseignants du secteur privé sous contrat. (2) Les 5 organisations : Fep-cfdt, Snec-Cftc, Spelc, Snpefp-cgt, Synep-Cfe Cgc.