Carrefour en colère contre une "prime d'absentéisme"

Publié le 18/04/2010
"Pour les actionnaires, c'est pas la crise, pour nous c'est la crise". Plus d'une centaine de grévistes de Carrefour défilaient hier dans les rayons et sur les parkings de l'hypermarché de Mérignac (Gironde) pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et un projet de "prime d'absentéisme".
Carrefour en colère contre une "prime d'absentéisme"
Carrefour en colère contre une "prime d'absentéisme"
"Pour les actionnaires, c'est pas la crise, pour nous c'est la crise". Plus d'une centaine de grévistes de Carrefour défilaient hier dans les rayons et sur les parkings de l'hypermarché de Mérignac (Gironde) pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et un projet de "prime d'absentéisme".

Dimanche 18 Avril 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Dès les portes du grand magasin ouvertes, les salariés en colère s'engouffrent dans les rayons, au son des sifflets et des trompettes, derrière un caddie débordant de drapeaux CFDT, prenant à partie les clients médusés. 'Si on ne se bat pas, on va se faire hacher menus', déclare Jean-Noël Barsacq, qui travaille au rayon boucherie. Comme dans nombre de Carrefour de France, les salariés de l'hypermarché Mérignac, dans l'agglomération bordelaise, ont débrayé hier dans le cadre d'un appel national de la CFDT, second syndicat derrière FO. Quelque 150 d'entre eux étaient en grève à Mérignac sur un effectif de 587 personnes, selon le délégué syndicat régional CFDT Carrefour, Thierry Babot. Principalement en cause : un projet dit de 'prime d'absentéisme', rejeté en bloc par les salariés, qui semble cristalliser tous les mécontentements. Ce bonus annuel de 100 euros, 'visiblement mal perçu', selon la direction, vise à récompenser collectivement les salariés en cas de baisse du taux d'absentéisme d'un magasin. 'On ne tolère pas ce projet, c'est pointer le doigt sur ceux qui sont en arrêt, ceux qui sont en longue maladie' , déclare Christophe Sauzeau, délégué syndical CFDT de l'hypermarché de Mérignac. 'C'est mesquin, c'est monter les salariés les uns contre les autres pour tuer l'absentéisme' , renchérit Philippe Epardeau, du rayon charcuterie. 'On ne veut pas d'une carotte de 100 euros bruts si les gens malades sont pris pour cibles' , déclare aussi M. Babot, pour lequel l'absentéisme de 10% à Carrefour-Mérignac est signe d'une dégradation des conditions de travail. 'Ceux qui tombent malades, il y a des raisons, les gens craquent, en dépression, fatigués du rythme infernal' , estime Cyril Dubos, gréviste du rayon poissonnerie. 'Les salariés en ont marre. Il y a des réprimandes tout le temps, le climat devient délétère et on a un manque de bras énorme, sur l'ensemble du magasin grosso modo en trois ans, on a perdu 90 personnes, on arrive à un point de rupture' , déplore ce syndiqué CFDT employé à Mérignac depuis neuf ans. Les salariés rejettent aussi une augmentation salariale de 1% proposée par la direction, quand 'les actionnaires se sont partagés 760 millions d'euros en 2009 et la même chose en 2010' . 



Débrayage chez Carrefour à Thionville