CGT : Thibault répond aux reproches de mollesse

Publié le 08/12/2009
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a fait une mise au point sans détour à l'adresse de ceux qui l'accusent de mollesse, en se défendant dès l'ouverture du congrès d'être « affecté d'un sarkozysme aigu ».
CGT : Thibault répond aux reproches de mollesse
CGT : Thibault répond aux reproches de mollesse
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a fait une mise au point sans détour à l'adresse de ceux qui l'accusent de mollesse, en se défendant dès l'ouverture du congrès d'être « affecté d'un sarkozysme aigu ».

Bernard Thibault veut donner « une nouvelle impulsion » à la réorganisation interne en vue « d’une véritable progression  du nombre de syndiqués ». Photo AFP   
Bernard Thibault veut donner « une nouvelle impulsion » à la réorganisation interne en vue « d’une véritable progression du nombre de syndiqués ». Photo AFP

Dans un discours d’une heure trois quarts devant un millier de délégués réunis à Nantes, Bernard Thibault a cherché à donner l’image d’une organisation offensive, prévenant Nicolas Sarkozy de «  la volonté de résistance des salariés » sur un éventuel recul de l’âge de la retraite qui serait décidé en 2010. Parfois suspecté en interne de céder aux sirènes du réformisme, il s’est défendu de tout «  dea l » avec le chef de l’Etat et s’est livré à une critique tous azimuts de son action.
Il répondait ainsi indirectement à ceux, tels le délégué CGT de Continental-Clairoix Xavier Mathieu, qui lui ont reproché d’être «  tout juste bon à frayer avec le gouvernement ».

«La crise du capitalisme»

Le «  modèle » de Nicolas Sarkozy «  tient en trois dimensions : le transfert du risque sur les travailleurs, la socialisation des pertes des entreprises aux frais des contribuables et la privatisation des profits ! », s’est exclamé Bernard Thibault, assuré d’être réélu à la tête de la CGT pour un quatrième mandat.
Bernard Thibault s’est élevé contre les «  manœuvres » présentant les dirigeants syndicaux comme «  des interlocuteurs privilégiés du chef de l’Etat », et qui, selon lui, «  visent à instiller le doute sur la loyauté de la direction de la CGT ». «  Je ne suis pas affecté d’un sarkozysme aigu, je me sens vacciné contre cela », a lancé l’ex-patron des cheminots, sous de forts applaudissements.

Visant cette fois l’opposant nordiste Jean-Pierre Delannoy, Bernard Thibault a souligné «  la nécessité de respecter les règles de vie communes ». Pour autant, a-t-il dit, la CGT entend «  être une organisation démocratique dans laquelle les opinions contradictoires ont droit de cité ». Comme gage aux partisans d’une orientation anticapitaliste, le numéro un de la CGT a présenté la crise comme «  une crise du système capitaliste », qu’«  il ne suffit pas de moraliser ». Dans un paysage syndical en évolution du fait d’une réforme confortant les organisations les plus puissantes, l’annonce de la liste des invités a montré la persistance de la méfiance à l’encontre des syndicats plus modérés. La CFDT a eu droit à des sifflets, et l’Unsa (autonomes) encore plus. En revanche, Solidaires a été applaudie, modérément.
Tout en défendant «  l’unité » intersyndicale, Bernard Thibault a proposé une campagne de la CGT, début 2010, sur «  l’emploi, les salaires, les retraites ». Sur ce dernier sujet, il a pris au mot Nicolas Sarkozy qui veut en faire «  le marqueur de la volonté de réforme de la majorité ». «  Nous sommes bien décidés à en faire le marqueur de la volonté de résistance des salariés », a-t-il répliqué, très applaudi.

Publié le 08/12/2009 (France et Monde)