Chatel ramène sa science

Publié le 01/02/2011
Le ministre de l'Education a présenté une série de mesures censées améliorer le niveau des élèves en sciences et en maths.
Chatel ramène sa science
Chatel ramène sa science
Le ministre de l'Education a présenté une série de mesures censées améliorer le niveau des élèves en sciences et en maths.

Vosges Matin, Mardi le 01 Février 2011 / France / PARIS

 
Renforcement du calcul mental en primaire, décloisonnement des disciplines scientifiques au collège : Luc Chatel a détaillé hier son « plan sciences » qualifié d'effet d'annonce par les syndicats, tandis que des scientifiques saluent un effort, toutefois insuffisant, pour développer ces matières.

Ce plan présenté au Palais de la découverte à Paris par le ministre de l'Education nationale est la réponse à la publication le 7 décembre du classement « Pisa » de l'OCDE, où les élèves français de 15 ans se classaient 27e sur 65 pour la culture scientifique, et 22e pour les mathématiques.

M. Chatel a relevé un « paradoxe préoccupant »: le jeune public présente un « intérêt » pour les sciences, mais qui « s'émousse tout au long de la scolarité », avec des bacheliers qui « se détournent des carrières scientifiques. »

Innumérisme

Pour lutter contre « l'innumérisme » (le pendant de l'illettrisme en mathématiques), le ministre a demandé que les élèves de primaire fassent « 15 à 20 minutes de calcul mental » chaque jour et « récitent » les tables de calcul.

Les futurs professeurs des écoles stagiaires, issus pour les trois quarts de filières de sciences humaines auront à la rentrée un module de sciences et de mathématiques.

A la rentrée, dans 400 collèges (sur les quelque 7 000 en France) classés dans les zones les plus en difficultés, les élèves de 6e et 5e auront un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les Sciences et vie de la terre (SVT) et la technologie. Il s'agit de l'extension d'une expérimentation (dite « enseignement intégré ») menée depuis 2006 dans 50 collèges.

Le ministre a aussi signé des conventions avec des associations partenaires oeuvrant pour susciter le goût de ces disciplines.

Interrogé sur le coût de ce plan, M. Chatel a répondu qu'il serait financé par des « redéploiements internes. » Aucun objectif quantifié en matière de réduction des difficultés scolaires n'a été fixé.

Les syndicats enseignants y ont vu une énième annonce : « Coquille vide » (SNUIpp-FSU), plan qui « fait pschitt » (Sgen-CFDT), « nouvel écran de fumée » (SE-Unsa), ce plan a pour objet « d'allumer des contre-feux médiatiques » au moment où commencent à être connues département par département les conséquences des 16 000 suppressions de postes prévues en 2011, en plus des quelque 50 000 dans l'Education depuis 2007.

Le Snes-FSU a relevé qu'avec la réforme du lycée qui se met en place en classe de première à la rentrée, les horaires de sciences en première scientifique allaient être réduits.