Chérèque victime des conflits à la CGT

Publié le 11/12/2009
Une minorité très déterminée mène la vie dure à Bernard Thibault au congrès cégétiste. A tel point que le leader de la CFDT, initialement invité, a été prié de rester chez lui.
Chérèque victime des conflits à la CGT
Chérèque victime des conflits à la CGT
Une minorité très déterminée mène la vie dure à Bernard Thibault au congrès cégétiste. A tel point que le leader de la CFDT, initialement invité, a été prié de rester chez lui.

Vendredi 11 décembre 2009, © L'Est Républicain / FRANCE

Jean-Pierre Delannoy s'oppose à Bernard Thibault avec beaucoup de pugnacité.
L'annulation in extremis de la venue hier à Nantes de François Chérèque au congrès de la CGT, à la demande de Bernard Thibault, illustre l'intensité des résistances offertes à l'évolution réformiste de la confédération par une minorité très déterminée.
Craignant que la présence du leader CFDT ne serve « de défouloir à une partie des délégués » au moment où ses propres détracteurs entretiennent « une ambiance hostile » au congrès, M. Thibault a prié M. Chérèque, avec « regret », de ne pas venir à Nantes.
« C'est pour finir le congrès sur une note douce, pour que les délégués ne repartent pas sur une mauvaise image », a commenté un délégué. Discrète au moment du discours de Bernard Thibault au premier jour du congrès, l'opposition n'a cessé depuis de donner de la voix, occupant la majorité du temps de parole dans les débats. « La résistance à l'orientation de la direction est un peu plus forte que prévu », notait un observateur non engagé.
Gestion des grands mouvements sociaux et conflits d'entreprise du premier semestre, sécurité sociale professionnelle, retraites, réforme de la représentativité syndicale : autant de chevaux de bataille enfourchés. Au-delà des positions de fond, c'est le comportement des minoritaires qui a provoqué des crispations.
« Il risque d'y avoir des réflexes de corps, s'il y a une poussée médiatique des extrêmes », prédisait avant le congrès le chercheur spécialisé Jean-Marie Pernot. Ce scénario s'est réalisé.
« J'ai des camarades qui votent pour, alors qu'ils pourraient voter contre, simplement parce qu'ils ne veulent pas se solidariser » avec les militants les plus remuants, confiait mercredi soir un délégué. Les positions confédérales ont été avalisées en moyenne par 75 à 80 % des délégués.