Chômage à 10 % : pression sur le gouvernement

Publié le 08/06/2012
Le taux de chômage s'est emballé entre janvier et mars 2012 pour atteindre un pic jamais atteint depuis treize ans. Le ministre du Travail a annoncé des mesures hier, sans attendre la conférence sociale de juillet.
Chômage à 10 % : pression sur le gouvernement
Chômage à 10 % : pression sur le gouvernement
Le taux de chômage s'est emballé entre janvier et mars 2012 pour atteindre un pic jamais atteint depuis treize ans. Le ministre du Travail a annoncé des mesures hier, sans attendre la conférence sociale de juillet.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 08 Juin 2012 / IG /

En hausse de 86 000 personnes (+0,3 point), 9,6 % de la population active en France métropolitaine a été au chômage au premier trimestre 2012, a révélé l'Insee hier. En comptant les départements d'outre-mer, le taux a atteint 10 %, un niveau inégalé depuis 1999. La situation concerne en métropole 2,7 millions de personnes. Les deux trimestres précédents, le taux de chômage n'avait crû « que » de +0,1 pt, soit trois fois moins vite.

o LA BARRE DES 10 %. -- Les taux calculés par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail donnent une projection du nombre de chômeurs différente du chiffre des inscrits à Pôle Emploi mais la tendance est identique. « On est dans un scénario de nette montée du chômage. On dépasse ce trimestre le précédent pic de fin 2009 pour retrouver les niveaux de 1999 », commente Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des Conjonctures économiques (OFCE). La barre symbolique des 10 % de chômage en métropole « sera franchie d'ici la fin de l'année car le faible niveau de croissance prévu sera insuffisant pour stabiliser le chômage », selon lui.

o PETITES ENTREPRISES. -- Les chiffres provisoires des créations nettes d'emploi au premier trimestre, diffusés par l'Insee, avaient été étonnamment positifs. L'aggravation du chômage est cette fois « cohérente au regard de la croissance nulle » et des 61 000 destructions d'emploi attendues sur le premier semestre, souligne Plane. Toutefois, pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, ces chiffres montrent que des « dizaines de milliers de personnes, individuellement dans leur petite entreprise [...] perdent leur emploi » et que le problème est « plus vaste » que celui de la vague médiatisée des plans sociaux.

o CHÔMAGE PARTIEL. -- En outre, le recours au chômage partiel, qui avait baissé au dernier trimestre 2011, double quasiment en un trimestre pour concerner près de 100 000 personnes, « signe que les carnets de commandes des entreprises sont en chute », note Plane.

o JEUNES ET SENIORS. -- Les statistiques de l'Insee montrent aussi une aggravation du taux de chômage des 15-24 ans, à 22,5 %, ce qui représente 630 000 jeunes au chômage. Même chose pour les plus de 50 ans, dont le taux de chômage augmente dans la même proportion (+0,2 pt) à 6,6 %, avec 498 000 personnes. Dans le même temps, le taux d'emploi des 55-64 ans, sous l'effet des réformes successives des retraites, poursuit sa progression (+0,7 pt sur un trimestre, +3 pt sur un an), à 43,5 % de la classe d'âge.

o « URGENCE ». -- Il y a « urgence », selon le ministre du Travail Michel Sapin : il « faut agir à deux grands niveaux » contre le chômage : « la croissance et les outils » tels que le « contrat de génération », les « emplois d'avenir » et la suppression de l'exonération sur les heures supplémentaires. Sans attendre la conférence sociale prévue les 9 et 10 juillet, Sapin a annoncé aussi que le gouvernement mobiliserait tous les « moyens disponibles » pour financer davantage de contrats aidés sur le second semestre et donnerait des moyens supplémentaires à Pôle Emploi.