Chômeurs en fin de droits :les mesures se font attendre

Publié le 04/04/2010
Les promesses du gouvernement en matière de mesures touchant les chômeurs en fin de droits tardent à se concrétiser. Sur environ 400 000 personnes concernées, seulement 40 000 ont vu leur situation évoluer.
Chômeurs en fin de droits :les mesures se font attendre
Chômeurs en fin de droits :les mesures se font attendre
Les promesses du gouvernement en matière de mesures touchant les chômeurs en fin de droits tardent à se concrétiser. Sur environ 400 000 personnes concernées, seulement 40 000 ont vu leur situation évoluer.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 04 Avril 2010 / IG /


Selon Pole emploi, la situation de 360 000 chômeurs en fin de droits, la plupart des jeunes, doit être étudiée par le gouvernement et les partenaires sociaux. Photo Pierre HECKLER

Alors que le chômage de longue durée augmente, le gouvernement n'a fait aucune des annonces promises « avant la fin mars » en réponse au nombre croissant de chômeurs en fin de droits, au grand dam des syndicats. Des discussions techniques les 5 et 22 mars avec le secrétariat d'Etat à l'Emploi, le patronat et les syndicats n'ont pas abouti, et une nouvelle réunion devant associer les Régions (compétentes en matière de formation) a été reportée après Pâques. « On n'a pas de nouvelles », constate Laurent Berger, le négociateur CFDT, qui espère quand même « avoir été entendu et qu'ils cherchent des solutions ». « On est dans le brouillard », observe aussi Maurad Rabhi (CGT) selon qui le blocage vient du sommet : « Il manque le feu vert de l'Élysée ». Les syndicats demandent le versement d'une allocation exceptionnelle de crise pour les chômeurs en fin de droits et sans solution de revenu.

Sort inconnu

Mi-février, le gouvernement a réglé le cas d'environ 40 000 d'entre eux en rétablissant l'Allocation équivalent retraite (AER) pour les plus âgés. Il reste 360 000 personnes dont le sort est inconnu, selon Pôle emploi. Il s'agit souvent de salariés, âgés de moins de 25 ans et donc non éligibles au RSA (revenu de solidarité active), ou de personnes dont le foyer atteint la barre des 1 700 euros de ressources car le conjoint travaille mais pour qui la perte de revenus liée se fait sentir. Le problème des fins de droit revient chaque année mais il s'est aggravé avec la crise et les partenaires sociaux ont interpellé l'Etat dès juin 2009. Les faits leur donnent raison puisque fin février, Pôle emploi a recensé 1,339 million de personnes inscrites depuis un an ou plus comme demandeur d'emploi et faisant des actes positifs de recherche, soit +30,4 % en un an. L'indemnisation chômage est en principe limitée à deux ans, sauf pour les 50 ans et plus (trois ans).

Jusqu'en février, le gouvernement a renvoyé la balle aux partenaires sociaux, soulignant que ce sont eux qui gèrent l'assurance chômage et la durée de l'indemnisation. Il a ensuite accepté le principe de cofinancer des mesures, annonçant lors d'un sommet à l'Élysée des contrats aidés, des formations rémunérées, et promettant l'annonce de mesures opérationnelles. Selon une source proche du dossier, le coût supplémentaire pour l'Etat de ces contrats aidés et formations rémunérées serait de 800 millions d'euros.

Inhabituellement unis sur ce dossier, la CGT et la CFDT demandent au gouvernement de dégager des ressources en remettant en cause le bouclier fiscal et les exonérations sur les heures supplémentaires. Mais le blocage n'est pas seulement financier, selon cette même source, il est aussi politique et lié à la peur du gouvernement de revenir sur certains dogmes et de mettre le doigt dans un engrenage en versant une aide spécifique. « Il ne s'agit pas de créer une allocation d'assistance de plus pour ceux qui arrivent en fin de droits », avait exposé le 15 février Nicolas Sarkozy qui, depuis, n'en a plus reparlé.