Conférence sociale : le choc des priorités

Publié le 09/07/2012
Deux visions s'affronteront dès aujourd'hui lors de la conférence sociale : le patronat demande des licenciements « pacifiés » et les syndicats réclament des emplois aidés. Deux cent cinquante participants sont attendus à Paris.
Conférence sociale : le choc des priorités
Conférence sociale : le choc des priorités
Deux visions s'affronteront dès aujourd'hui lors de la conférence sociale : le patronat demande des licenciements « pacifiés » et les syndicats réclament des emplois aidés. Deux cent cinquante participants sont attendus à Paris.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 09 Juillet 2012 / IG /

L'emploi, notamment des jeunes, sera au coeur des discussions des partenaires sociaux pendant deux jours. A Paris en octobre dernier,le Forum pour l'emploi organisé place de la Concorde avait vu une file de visiteurs s'étendre sur plusieurs dizaines de mètres.

François Hollande veut croire que l'équilibre est possible, entre « justice sociale » et « compétitivité », à l'issue de la conférence sociale qui débute à Paris au palais d'Iéna aujourd'hui. « Les partenaires ont conscience de la période que nous vivons et donc veulent construire la réussite que je leur propose », a assuré le chef de l'Etat.

LE FAIT DU JOUR

« Les partenaires » dont parle Hollande, ce sont les syndicats, telle la CFDT, pour qui « la priorité, « c'est l'emploi », et le patronat, dont la présidente Laurence Parisot propose de « pacifier » les licenciements et de faire de la « compétitivité des entreprises » un « fil rouge de toutes les politiques à venir ».

250 invités sont annoncés au siège du Conseil économique, social et environnemental, dont les représentants de toutes les organisations syndicales et patronales. Il s'agira de définir le calendrier des grandes réformes sociales du quinquennat.

« Pas alourdir le coût du travail »

Dès hier, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a donné le ton, en affirmant qu'il « ne faut pas davantage alourdir le coût du travail » pour les PME ni pour certaines grandes entreprises exportatrices.

Du côté de la CGT, Bernard Thibault réclame une loi pour empêcher qu'une entreprise ferme un site rentable par convoitise financière, tandis que le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a avancé des « mesures d'urgence » comme les « contrats aidés » et « la négociation » avec le patronat en vue de « créer des outils pour anticiper les restructurations ».

« Le sens de l'exercice est de rechercher une forme de convergence », sur les différents sujets « et de mobilisation de tout un chacun », a précisé le ministère du Travail. Les deux journées permettront notamment de dire ce qui relèvera de la négociation entre les partenaires sociaux ou d'une décision gouvernementale après concertation.

Juste avant le début de la conférence, Hollande rencontrera les présidents et secrétaires généraux des organisations syndicales et patronales durant deux heures. Il prononcera ensuite un discours d'ouverture à partir de 11h, a précisé l'entourage de Michel Sapin. Une séance plénière permettra de faire la synthèse des débats demain après-midi, avant le discours du Premier ministre.

Sept ministres seront présents au fil des débats : Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Marylise Lebranchu (Fonction publique), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Pierre Moscovici (Economie), Najat Vallaud-Belkacem (Droits des femmes), Thierry Repentin (Formation professionnelle) et Benoît Hamon (Economie sociale et solidaire).

Du côté de l'opposition, l'ex-ministre UMP du Budget Valérie Pécresse a critiqué hier les contrats aidés au moment où « nous n'avons plus d'argent dans les caisses ». Pour elle, « cette nouvelle conférence sociale ne serait que nouvelles dépenses publiques non financées ».