Contamination Michel Marzin, ex-technicien, accuse :

Publié le 15/04/2012
« J'ai vu mourir les copains de cancers » - LE EL 4, MICHEL MARZIN le connaît bien. Il l'a côtoyé pendant plus de 20 ans. Dès 1966, au démarrage du prototype « expérimental », cet ex-technicien syndicaliste à la CFDT avait été nommé responsable du chargement et du déchargement du combustible.
Contamination Michel Marzin, ex-technicien, accuse :
Contamination Michel Marzin, ex-technicien, accuse :
« J'ai vu mourir les copains de cancers » - LE EL 4, MICHEL MARZIN le connaît bien. Il l'a côtoyé pendant plus de 20 ans. Dès 1966, au démarrage du prototype « expérimental », cet ex-technicien syndicaliste à la CFDT avait été nommé responsable du chargement et du déchargement du combustible.

© L'Est Républicain, Dimanche le 15 Avril 2012 / Grand Angle
© Vosges Matin, Dimanche le 15 Avril 2012 / France Monde 

 
Chez lui à Morlaix. À l'écran : le coeur du réacteur Photo ER. 

En 1985, à l'arrêt de « la bête », comme il l'appelle, EDF lui a confié le pilotage des opérations initiales du démantèlement. À savoir le retrait, la mise en conteneur puis l'expédition du combustible usé (cent tonnes) et des modérateurs de l'eau lourde (cent tonnes) vers le site du CEA de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. En 1994, Michel est mis en préretraite. Car il dérange. « Durant les premières années de la phase 1 de déconstruction, le boulot a été fait proprement et dans les temps. Puis EDF a confié le chantier à des sous-traitants, dont Bouygues, et les incidents se sont multipliés. J'ai refusé de cautionner ce travail. On m'a prié de partir ».

Depuis, Michel Marzin milite. Il est le seul qui s'est penché sur les effets d'un radionucléide, le tritium, qu'il accuse d'avoir provoqué la mort prématurée de plusieurs de salariés d'EDF comme lui. Gaz radioactif très volatil, le tritium est un isotope de l'hydrogène dangereux et difficile à détecter. Selon l'ex-technicien, « 47 % de ceux qui bossaient à proximité de l'eau lourde sont décédés de cancers avant 65 ans. J'ai vu mourir une dizaine de copains », dit-il. « Mon étude n'a jamais été contestée, juste jugée insuffisante scientifiquement ». Pour Michel, pas de doute : « on est dans le même processus que pour l'amiante. Si l'on veut déconstruire correctement ces réacteurs, il faut une structure publique qui invente des systèmes fiables en prenant appui sur l'expérience des anciens techniciens de Brennilis ou d'ailleurs. C'est le seul moyen d'agir efficacement et en toute sécurité ».


 

 
 

 


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