Continental met 1 000 emplois en jeu

Publié le 16/10/2010
Les deux syndicats majoritaires chez Continental en Midi-Pyrénées ont définitivement fait échouer hier un plan de la direction qui garantissait l'emploi en échange de sacrifices salariaux.
Continental met 1 000 emplois en jeu
Continental met 1 000 emplois en jeu
Les deux syndicats majoritaires chez Continental en Midi-Pyrénées ont définitivement fait échouer hier un plan de la direction qui garantissait l'emploi en échange de sacrifices salariaux.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 16 Octobre 2010 / IG /

Faute d'accord avec les syndicats, Continental a fait savoir que 1 000 emplois risquent d'être supprimés. La CGT et la CFDT ont donc déclenché le droit d'alerte pour forcer la direction à expliquer au personnel d'où vient ce chiffre de 1 000 qui « sort de nulle part », selon les mots du représentant CGT. Les deux syndicats, qui dénonçaient un chantage inacceptable, ont indiqué avoir usé de leur droit d'opposition face au plan de la direction, qui a donné lieu mi-septembre à une consultation très controversée organisée auprès des 2 500 salariés des trois usines de Toulouse, Boussens (Haute-Garonne) et Foix (Ariège). Accepté par les salariés

Continental proposait un quasi-gel des salaires en 2011, une forte baisse de la prime d'intéressement et deux jours de réduction du temps de travail en moins chaque année jusqu'en 2015, contre un engagement de la direction de Continental en Allemagne à préserver l'emploi jusqu'en 2015. Les salariés ont dit « oui » à 52 %. 83 % du personnel a voté.

Cependant, selon la CGT et la CFDT qui avaient appelé à boycotter la consultation, entre ceux qui n'ont pas voté et ceux qui ont dit « non », ce sont 57 % des salariés qui ont rejeté le plan. FO, CFE-CGC et CFTC ont depuis signé l'accord. Pour la CGT et la CFDT, l'entreprise enregistre des bénéfices considérables et rien ne justifie un tel plan. Elles invoquent le précédent de Clairoix (Oise). Continental y a fermé son usine début 2010 malgré les sacrifices acceptés en 2007 par les 1 100 salariés contre une promesse de maintien de l'emploi jusqu'en 2012.

L'avenir des trois usines de Continental Automotive France, filiale française du géant allemand, en Midi-Pyrénées, reste donc en question. La direction concède que Continental Automotive France va bien, mais assure que les trois sites vont au-devant d'une baisse inquiétante de commandes en 2012 et 2013.

Nommé médiateur par la préfecture, Jean-Louis Chauzy, a souligné le risque que la direction allemande de Continental ne préfère l'Allemagne à la France pour ses futurs investissements.