Contrôleur poignardé : le réseau perturbé

Publié le 07/10/2011
La SNCF prévient que « de très fortes perturbations sont à prévoir sur l'ensemble du réseau » après l'agression grave d'un contrôleur, hier, dans un train reliant Lyon à Strasbourg.
Contrôleur poignardé : le réseau perturbé
Contrôleur poignardé : le réseau perturbé
La SNCF prévient que « de très fortes perturbations sont à prévoir sur l'ensemble du réseau » après l'agression grave d'un contrôleur, hier, dans un train reliant Lyon à Strasbourg.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 07 Octobre 2011 / Région /

 

 

Bernard Mortelier, contrôleur de 54 ans basé à Strasbourg, a été blessé de huit coups de couteau, deux à la tête, deux à l'abdomen, un au flanc et trois au bras. Photo MAXPPP

Un contrôleur de la SNCF était, hier, entre la vie et la mort après avoir été poignardé par un déséquilibré dans le train Lyon-Strasbourg, ce qui a entraîné de fortes perturbations sur une grande partie du réseau ferré en raison d'un arrêt de travail spontané des cheminots. Bernard Mortelier, contrôleur de 54 ans basé à Strasbourg, a été blessé de huit coups de couteau, deux à la tête, deux à l'abdomen, un au flanc et trois au bras, selon la SNCF.

Il a été transporté par hélicoptère au centre hospitalier régional et universitaire de Besançon. Dans la soirée, l'agent se trouvait dans un état stable. « Il est sorti du bloc opératoire vers 21 h. L'ensemble des lésions ont été traitées », a indiqué le CHU dans un communiqué.

L'auteur présumé des coups est présenté par la SNCF comme un « déséquilibré ». « Informé qu'il allait être verbalisé », l'individu se serait tailladé les poignets avec un couteau, avant d'agresser le contrôleur, pendant qu'un collègue évacuait les passagers vers une autre voiture. L'agresseur a été remis aux gendarmes en gare de Cleval, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Besançon, et placé en garde à vue. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative de meurtre aggravée. Selon une source proche de l'enquête, le suspect n'avait pas encore été formellement identifié, hier soir, mais il portait sur lui une carte bancaire au nom d'un homme de 27 ans originaire de Mulhouse, déjà condamné à quatre reprises pour des violences et des outrages.

Droit de retrait

L'agression a suscité une vive émotion parmi les cheminots et des arrêts de travail perturbaient fortement le trafic, hier soir.

« Dans un mouvement spontané de solidarité avec le contrôleur agressé », les contrôleurs de la région Est ont « déposé le sac », a déclaré Michel Mann, responsable régional CGT. Le mouvement, prévu pour durer jusqu'à aujourd'hui 14h, engendrait, hier soir, de fortes perturbations, avec 80 % du trafic supprimé en Alsace et 70 % en Lorraine. Il en était de même en Paca et dans la région Aquitaine, où près de 100 % des contrôleurs qui devaient prendre leur service ont fait jouer leur droit de retrait.

« Ce dépôt de sac va provoquer une réduction significative des services assurés aujourd'hui et donc de très fortes perturbations », a confirmé, hier soir, la SNCF, sans plus de précision.

Les syndicats ont condamné une agression « intolérable » et souligné la nécessité de maintenir une forte présence humaine dans les trains et les gares.

La Fédération CGT des cheminots a dénoncé une « période où les seuls objectifs financiers poussent à la déshumanisation des gares et des trains », tandis que la CFDT cheminots évoquait une « dérive sociétale », estimant que les agents sont confrontés quotidiennement « à des actes agressifs et d'incivilité ». Après s'être rendu au chevet de la victime, le président de la SNCF Guillaume Pepy a salué le « courage » et le « sang froid » des deux contrôleurs du Lyon-Strasbourg. Il a appelé les cheminots à ne pas « pénaliser les voyageurs simplement parce qu'un fou dangereux a agressé des contrôleurs » en se mettant en grève. Le ministère de l'Intérieur a annoncé, hier soir, avoir activé une cellule de crise à la suite de la forte perturbation du trafic SNCF et avoir donné des consignes pour que la protection civile, la police et la gendarmerie aident à la prise en charge des passagers et sécurisent les gares. En juillet 2004, un contrôleur avait été grièvement blessé par un voyageur sans billet qui lui avait porté un coup de couteau à la nuque à bord d'un TER à Metz (lire ci-contre). En février 1999, un autre contrôleur avait été blessé à une main par un coup de couteau à Chalon-sur-Saône.