Copé trouve exemple en Haute-Saône

Publié le 02/02/2012
Les mesures en matière de compétitivité annoncées par Nicolas Sarkozy ont trouvé écho hier à Vesoul, se cristallisant autour d'une entreprise de Fougerolles qui menace de supprimer 60 % de son effectif
Copé trouve exemple en Haute-Saône
Copé trouve exemple en Haute-Saône
Les mesures en matière de compétitivité annoncées par Nicolas Sarkozy ont trouvé écho hier à Vesoul, se cristallisant autour d'une entreprise de Fougerolles qui menace de supprimer 60 % de son effectif

© L'Est Républicain, Jeudi le 02 Février 2012 / Ouverture France-Monde / Campagne

 

Jean-François Copé hier à Vesoul : « Les Français sont prêts à adhérer à un projet de crise plus aisément qu'il y a six mois ou un an » Photo Dominique ROQUELET

Il est là pour le service après-vente. Mobiliser des troupes parfois décontenancées notamment par les annonces autour de la TVA sociale. Alors, hier soir, devant quatre cents militants UMP réunis à Vesoul puis plus tard en préambule du dîner républicain qui rassemblait plus de six cents personnes à Corbenay, et dont il était l'invité de marque du député-maire de Luxeuil Michel Raison, Jean-François Copé a fait de l'explication de texte.

« Là, pour le coup, on est vraiment allé dans son sens », sourit Philippe Poy. Il est le délégué CFDT de Fuji Seal, dont la situation économique illustre parfaitement un thème qui s'impose dans la campagne : la compétitivité. Ici, à Fougerolles, au siège France d'un groupe japonais acteur international de l'industrie de l'emballage, on est spécialisé dans l'impression d'étiquettes plastique pour bouteilles et autres pots de yaourts. On y fabrique précisément ce que l'on appelle des manchons rétractables selon la terminologie en vigueur. Autrement dit, des produits épousant la forme du contenant via une montée en température. Sauf que depuis des années, victime de la féroce concurrence en vogue dans l'agroalimentaire, Fuji Seal perd de l'argent : 3 millions d'euros en l'espace de cinq ans. Et les sombres perspectives pour 2012 et 2013 sur un marché tendu n'annoncent rien de bon.

Baisser le coût du travail, la recette miracle ?

Résultat : l'entreprise envisage de supprimer 60 % de son effectif. Et de délocaliser une partie de sa production en Pologne sur un site où doit être acheminée, en provenance de Haute-Saône, une machine d'impression de plusieurs millions d'euros. Là-bas, place aux grandes séries dont la rentabilité, en France, est plombée par le coût de la main-d'oeuvre. L'usine haut-saônoise se spécialiserait alors dans la fabrication de produits à plus haute valeur ajoutée. « Pour nous, ce n'est pas viable », estime le syndicaliste CFDT, qui a retenu de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche soir la « fiscalité anti-délocalisation », selon le terme plusieurs fois brandi hier par Jean-François Copé. TVA sociale en premier lieu. « L'idée est de baisser le coût du travail », martèle le secrétaire général de l'UMP, « ainsi, face à une entreprise extérieure qui paie la TVA, on gagne en compétitivité ». L'ancien secrétaire d'État Alain Joyandet se risque, selon ce schéma, à prédire des « augmentations de salaire ».

Chez Fuji Seal, on cherche juste à sauver ce qui peut l'être. En l'espèce, le maximum d'emplois et surtout le site dont l'histoire s'imprime sur des étiquettes depuis cent vingt ans. Jean-François Copé, lui, entend persuader tous ses amis, gagnés par l'inquiétude : « Les Français sont prêts à adhérer à un projet de crise plus aisément qu'il y a six mois ou un an ».

Sébastien MICHAUX