Cortèges moins gonflés

Publié le 07/11/2010
LA JOURNÉE de manifestation sur les retraites, la huitième en deux mois, a été marquée hier par un nouveau reflux de l'affluence et les syndicats divergent désormais sur les formes à donner au mouvement de contestation qui perdure malgré l'adoption de la réforme.
Cortèges moins gonflés
Cortèges moins gonflés
LA JOURNÉE de manifestation sur les retraites, la huitième en deux mois, a été marquée hier par un nouveau reflux de l'affluence et les syndicats divergent désormais sur les formes à donner au mouvement de contestation qui perdure malgré l'adoption de la réforme.

© L'Est Républicain, Dimanche le 07 Novembre 2010 / Ouverture France-Monde 

Les 245 cortèges en France ont été plus clairsemés, avec peu de jeunes. Parfois sous une pluie battante, ils ont rassemblé entre 375.000 personnes (contre 560.000 le 28 octobre), selon la police, et 1,2 million (contre près de 2 millions), selon la CGT.

Police et syndicats se sont ainsi accordés à reconnaître qu'il s'agissait de la plus faible mobilisation depuis la rentrée contre cette réforme phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy. A Paris, le défilé a réuni entre 28.000, selon la police, et 90.000, selon la CGT, qui en avait compté près de deux fois plus lors de la précédente journée. Toulouse, Bordeaux, Lyon, mais aussi Le Mans ou Perpignan ont été hier parmi les cités les plus en pointe de la contestation.

Détermination intacte

Pour le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, ce moindre succès « ne doit rien enlever à notre détermination d'agir » contre cette réforme. « Nous continuerons de contester la loi même si elle est promulguée », après l'aval du Conseil constitutionnel d'ici début décembre. Il a même menacé de faire cavalier seul « s'il s'avérait impossible de continuer la bataille » avec les autres syndicats. Sa pique visait son homologue de la CFDT, François Chérèque, qui avait vu vendredi le sujet des retraites « s'éloigner ». Réfutant toute dissension, François Chérèque a affirmé que « l'intersyndicale continuera dans l'avenir sur les retraites, et aussi sur les problèmes de l'emploi, des conditions de travail, du pouvoir d'achat ».

La réunion de l'intersyndicale lundi risque de ressembler à un casse-tête. Les modérés plaident pour d'autres « formes d'action » à imaginer, car prévient la CFTC « la manif peut tuer la manif » et l'Unsa s'interroge sur « la pertinence d'une nouvelle journée de grève et de manifestation si on n'est pas suivi ».

Même moins nombreux, les manifestants exprimaient hier une détermination intacte.