Dans la rue contre l'austérité

Publié le 14/11/2012
Manifestations en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce... et en France
Dans la rue contre l'austérité
Dans la rue contre l'austérité
Manifestations en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce... et en France

© L'Est Républicain, Mercredi le 14 Novembre 2012 / Ouverture France-Monde / Paris + Républicain Lorrain + Vosges Matin

 
Hier à Valence, la foule a manifesté contre les mesures de restriction prises par le gouvernement espagnol. Photomaxppp

Aujourd'hui, Rafael Bardaji sera dans la rue, comme des milliers d'Espagnols. Ce professeur à l'Université de Saragosse défilera contre l'austérité qui « étrangle » son pays, et touche tous les membres de sa famille. Sa fille de 22 ans a quitté le pays après ses études de psychologie, et travaille aujourd'hui comme serveuse dans un restaurant à Paris. Ses quatre neveux - qui ont entre 35 et 22 ans - sont tous au chômage. « Cette situation est commune à beaucoup de familles, explique Rafael Bardaji, Les jeunes n'ont pas d'avenir en Espagne. Pour trouver du travail, ils n'ont d'autre choix que partir ailleurs en Europe ou aux États-Unis. »

Les syndicats européens appellent à défiler dans 25 pays de l'Union Européenne contre l'austérité. La Confédération européenne des syndicats a lancé ce mot d'ordre à la demande des pays du Sud, les plus en difficulté, où monte une forte grogne sociale. Les pays du Nord, comme la France ou l'Allemagne, s'associeront au mouvement par solidarité.

« Nous sommes tous concernés »

« Nous sommes tous concernés par la forte pression sur les salaires et les attaques contre le modèle social européen lancées dans les pays du Sud, explique Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, à l'origine de l'appel à manifester, Il faut changer de cap : les politiques d'austérité ont échoué. Il est urgent d'investir dans une croissance soutenable pour l'emploi. L'urgence sociale oblige à remettre les questions sociales au coeur des politiques européennes. »

En Espagne, au Portugal, en Italie et en Grèce, les manifestations s'accompagneront de mouvements de grève. L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, s'apprête à vivre sa deuxième grève générale en un an.

« Il y aura du monde dans la rue », parie Rafael Bardaji, « car les motifs de colère sont nombreux », entre le chômage au plus haut (un quart des actifs touchés), les expulsions de propriétaires surendettés et la politique de rigueur draconienne.

Les « indignés » appellent eux à se mobiliser en se rendant devant la chambre basse du Parlement espagnol. Le Portugal devrait lui aussi vivre au ralenti. En France, en revanche, la participation devrait être limitée. L'intersyndicale - CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa - s'apprête à manifester mais les appels à la grève sont rares.

Une centaine de rassemblements sont prévus dans tout le pays ; qui devraient réunir surtout des militants.

Pas le même point de vue

Les syndicats, qui ne partagent pas le même point de vue ni sur la politique du gouvernement ni sur l'Europe, s'unissent sur un mot d'ordre a minima, et n'ont pas la même interprétation de cette journée au niveau français.

Pour la CGT, la journée sera aussi l'occasion de cibler la politique du gouvernement, tandis que la CFDT se refuse d'en faire un moment de protestation contre l'exécutif.

Le Front de Gauche et le Nouveau parti anti-capitaliste (NPA) se joindront au mouvement. Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) et Pierre Laurent (PCF) seront dans le cortège.

Les organisateurs ne se risquent pas à avancer des chiffres de participation.

Les Français sont touchés par la crise - l'emploi salarié s'est à nouveau dégradé au troisième trimestre 2012 (- 0,3 % sur trois mois) - mais ils ne sont pas prêts à se mobiliser sur un slogan vague pour « l'emploi, la solidarité en Europe et contre l'austérité. »

Elodie BECU