Dans le monde syndical la colère monte contre l'austérité

Publié le 09/12/2011
Le « carcan » d'austérité imposé par les dirigeants de la zone euro aux salariés du Vieux continent est jugé insupportable par les syndicats mais les dirigeants européens, qui devaient se réunir en sommet jeudi et vendredi, ont exclusivement prévu d'insister sur le renforcement de la discipline budgétaire.
Dans le monde syndical la colère monte contre l'austérité
Dans le monde syndical la colère monte contre l'austérité
Le « carcan » d'austérité imposé par les dirigeants de la zone euro aux salariés du Vieux continent est jugé insupportable par les syndicats mais les dirigeants européens, qui devaient se réunir en sommet jeudi et vendredi, ont exclusivement prévu d'insister sur le renforcement de la discipline budgétaire.

© Vosges Matin, Vendredi le 09 Décembre 2011 / Fait du jour

 

 

Le monde syndical grince des dents. Un peu partout en Europe, employés, salariés, fonctionnaires et retraités se préparent à manifester. (AFP)

« C'est vers l'avenir des citoyens que vos préoccupations doivent se diriger, non vers l'opinion des agences de notation », a plaidé la Confédération européenne des syndicats (CES) dans un « message urgent » adressé aux dirigeants à la veille de leur réunion.

Mais la supplique risque de rester lettre morte, comme les nombreux autres appels des organisations syndicales. « Le syndicalisme européen n'est pas écouté », ont déploré plusieurs responsables dans une tribune publiée mercredi par le quotidien espagnol El Pais.

Elle est signée par les Français Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT), les Espagnols Ignacio Fernandez Toxo (CC.OO) et Candido Mendez (UGT), l'Allemand Michael Sommer (DGB), l'Italienne Susanna Camusso (CGIL), et les Belges Anne Demelenne (FGTB) et Claude Rolin (CSC). Employés, salariés, fonctionnaires, retraités descendent dans les rues un peu partout dans l'UE pour dire « trop c'est trop ».

Ils étaient au moins 50 000 vendredi dernier à Bruxelles. Une grève de trois heures est annoncée le 12 décembre en Italie et une journée d'action contre l'austérité est planifiée pour le 13 décembre en France.

Mais la rue ne semble pas effrayer les dirigeants européens. Ils sont plus traumatisés par les marchés financiers et les agences de notation. Ils ont vu tomber José Luis Zapatero en Espagne, José Socrates au Portugal, Brian Cowen en Irlande, George Papandréou en Grèce et Silvio Berlusconi en Italie.

« Ce sont des bêtes féroces, il faut les dompter », a lancé le nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti en parlant des marchés. « L'Europe traverse la plus profonde crise de son histoire », reconnaissent les syndicats. Mais « les politiques à base de réformes structurelles et d'austérité imposées par le Conseil (des chefs de gouvernements) la Banque centrale européenne et la Commission ont échoué », affirment-ils. Ces politiques sont « injustes », « brisent le pacte social » et « coulent l'économie », soutiennent-ils.

9,8 % de la population active de l'UE étaient sans emploi en octobre. L'Espagne est le pays le plus meurtri avec 22,8 % de chômeurs. Et les tendances sont inquiétantes, car le chômage touche de plus en plus de jeunes.