Dans un contexte économique et social inédit, la CGT planche sur sa stratégie.

Publié le 06/12/2009
Avec Bernard Thibault, le syndicat a coupé le cordon ombilical avec le Parti communiste, et s'est engagé dans une logique réformiste qui à terme induira peut- être un rapprochement avec la CFDT.
Dans un contexte économique et social inédit, la CGT planche sur sa stratégie.
Dans un contexte économique et social inédit, la CGT planche sur sa stratégie.
Avec Bernard Thibault, le syndicat a coupé le cordon ombilical avec le Parti communiste, et s'est engagé dans une logique réformiste qui à terme induira peut- être un rapprochement avec la CFDT.

Son secrétaire général est contesté par une frange dure mais marginale, qui lui reproche de signer des accords et de manquer de mordant, à la fois face au gouvernement et aux patrons voyous qui délocalisent. En août dernier, le délégué syndical de l'usine Continental de Clairoix, l'a même sévèrement taclé : « Les Thibault et compagnie, c'est juste bon à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases, ils servent juste à ça toute cette racaille ». Le patron de la CGT n'a pas répondu directement, mais a fait savoir que le leader des Conti aurait mieux fait de s'inquiéter du nombre indigent de militants dans sa propre entreprise.
Bernard Thibault reste donc sur sa ligne pragmatique, quitte, usure du pouvoir oblige, à malgré tout un peu se couper de sa base.
Il a prévu de modifier les structures, notamment son bureau confédéral, en s'entourant d'un groupe resserré de lieutenants que l'on dit plus conciliant et neutres. Il a cependant lui-même résumé l'objectif de fond dans une récente interview où il veut « continuer d'impulser un travail plus collectif, même si nous sommes dans un environnement où tout pousse à la centralisation et à la personnalisation des responsabilités. La CGT a besoin d'être lucide et n'a aucune raison d'être sur la défensive ».

Dimanche 06 décembre 2009, © L'Est Républicain / FRANCE