Débat sur les retraites : un avant-goût pour 2012

Publié le 25/05/2010
Socialistes d'un côté, gouvernement et UMP de l'autre, ont commencé à en découdre cette semaine sur le dossier des retraites, dans une bagarre qui s'apparente à un tour de chauffe pour la campagne présidentielle.
Débat sur les retraites : un avant-goût pour 2012
Débat sur les retraites : un avant-goût pour 2012
Socialistes d'un côté, gouvernement et UMP de l'autre, ont commencé à en découdre cette semaine sur le dossier des retraites, dans une bagarre qui s'apparente à un tour de chauffe pour la campagne présidentielle.

Le Républicain Lorrain, Dimanche le 23 Mai 2010 / IG
 

 

François Chérèque (à droite), après une réunion avec Eric Woerth, se dit persuadé que l'âge de départ à la retraite va être « décalé ». Photo AFP

La réforme des retraites cristallise l'affrontement que vont se livrer crescendo majorité et opposition dans la perspective de la présidentielle, en 2012. L'exécutif a donné le top départ en mettant sur la table plusieurs pistes de réflexion, dont le report de l'âge légal du départ à retraite (voir ci-dessous).

Pour la première fois depuis qu'elle a pris les rênes du parti socialiste, Martine Aubry a avancé un véritable contre-projet pour l'une des deux dernières grandes réformes du quinquennat de Nicolas Sarkozy, l'autre étant la dépendance. L'axe principal du projet socialiste réside dans le maintien à 60 ans de l'âge légal de départ, symbole de l'ère Mitterrand, et comprend une hausse progressive des cotisations salariales et patronales.

De quoi donner du grain à moudre à l'exécutif. François Fillon a taxé le PS de « déni de réalité » et de « démagogie », contestant pied à pied toutes les propositions socialistes. Pour lui, il s'agit d'une « avalanche d'impôts nouveaux » contre les classes moyennes. « Je suis convaincu que les Français ne vous suivront pas dans cette voie », a asséné le Premier ministre, plaçant les Français en arbitres de ce duel entre majorité et opposition. Et quel meilleur terrain pour les départager que des élections ? Le débat a ainsi pris des allures de début de campagn. Eric Woerth, qui pilote la réforme, ne s'est pas contenté de pilonner le projet socialiste, affirmant qu'il provoquera « un choc fiscal sans précédent », il a ciblé Martine Aubry, potentielle candidate à la présidentielle. « La société du soin collectif mise en avant par le numéro un du PS est en réalité la société de l'impôt », a jugé le ministre du Travail.

En restant ferme sur les 60 ans, Aubry s'offre un marqueur bien orienté à gauche, alors que son principal concurrent dans les sondages, Dominique Strauss-Kahn, qui n'en fait pas « un dogme », pourrait ainsi s'éloigner de l'électorat traditionnel du PS et de ses alliés.

La réforme déjà actée ?

La bataille ne fait que commencer : la fin de la retraite à 60 ans serait déjà scellée, d'après plusieurs médias faisant écho aux affirmations de syndicats. Mais le gouvernement a une nouvelle fois démenti, assurant que sa réforme n'était pas bouclée.

Le leader de la CGT, Bernard Thibault, s'est dit convaincu que le gouvernement allait jouer « sur les deux leviers en même temps, l'âge et la durée de cotisation ».

Son homologue de la CFDT, François Chérèque, reçu rue de Grenelle vendredi, a lancé après son entretien : « On a vraiment le sentiment qu'il va décaler l'âge de départ vers 61 ans, 62 ans ou plus ».