Déficits : ponctionsà tous les étages

Publié le 25/08/2011
Un milliard d'euros dès 2011, onze milliards en 2012. François Fillon a présenté le programme d'économies du gouvernement, visant à limiter le déficit public dans le contexte de crise des dettes souveraines.
Déficits : ponctionsà tous les étages
Déficits : ponctionsà tous les étages
Un milliard d'euros dès 2011, onze milliards en 2012. François Fillon a présenté le programme d'économies du gouvernement, visant à limiter le déficit public dans le contexte de crise des dettes souveraines.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 25 Aout 2011 / IG /

 

 

« Il est important que la France respecte ses engagements en matière de déficit »,a rappelé hier le Premier ministre François Fillon. Photo AFP

« Le seuil de tolérance à l'endettement est désormais dépassé », a fait valoir hier François Fillon lors d'une conférence de presse à Matignon, à l'issue d'une ultime réunion d'arbitrage présidée par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Le Premier ministre a annoncé un vaste programme d'austérité, destiné à compenser une croissance économique nettement revue à la baisse, censé rapporter 12 milliards d'euros de recettes supplémentaires à l'Etat en 2011 et 2012.
LE FAIT DU JOUR

Parmi les multiples mesures du plan anti-déficit, vivement critiqué par le patronat et la gauche, deux au moins marquent une inflexion sinon un tournant dans la politique de Nicolas Sarkozy : une taxe exceptionnelle sur les revenus des ménages les plus aisés et des allégements de charges moins avantageux pour les entreprises sur les heures supplémentaires.

La France a « officiellement plongé dans l'austérité », a réagi le Parti socialiste. La CFDT a dénoncé un plan « déséquilibré » au détriment des salariés et FO une « logique économique sous la tutelle des marchés ». A l'opposé, le patronat a dénoncé dans un bel ensemble (Medef, CGPM, artisans) une augmentation du coût du travail préjudiciable à la compétitivité.

Pour 2011 comme pour 2012, le gouvernement n'attend plus que 1,75 % de croissance annuelle, loin des 2 % et plus encore des 2,25 % attendus jusque-là. Cette révision était anticipée par les analystes alors que la croissance mondiale s'affaisse et que celle de la France était nulle au deuxième trimestre.

L'ensemble du plan anti-déficit doit se traduire dès cette année par un milliard d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Mais le gros des effets est attendu en 2012 avec 11 milliards d'économies et recettes additionnelles. « Il serait irresponsable de ne pas tenir compte » de la situation économique internationale », a souligné pour sa part le Premier ministre qui a de nouveau fait de la réduction des déficits un objectif « intangible ».

« Un objectif ambitieux »

Gage de bonne gestion donné aux marchés qui ont chahuté la France ces dernières semaines : un « objectif un peu plus ambitieux » de réduction du déficit qui serait ramené en 2012 à 4,5 % du PIB au lieu de 4,6 %, petite « marge » disponible en cas de nouvelle panne de la croissance.

« Je n'ai pas d'inquiétude sur la notation de la France », a déclaré François Fillon sur le plateau du 20 heures de TF1.

Les mesures concernant l'exécution du budget 2011 seront présentées en Conseil des ministres dès mercredi prochain et examinées par le Parlement lors de la session extraordinaire qui débute le 6 septembre.

Dans le détail, François Fillon a assuré que les salariés continueraient à bénéficier des abattements sur les heures supplémentaires. Nicolas Sarkozy en avait fait, il est vrai, le symbole de son slogan de campagne, « travailler plus pour gagner plus ».

En revanche, les heures supplémentaires seraient intégrées dans le calcul des allégements de charges des entreprises mis en place par la loi... « Fillon » de 2003.

Technique mais très importante aussi : la hausse des prélèvements sociaux, notamment la CSG, sur les revenus du capital, dont le taux global passera dès cette année de 12,3 % à 13,5 %. Décidée dans le but de rapprocher la taxation des revenus du travail de ceux du capital, elle doit rapporter 1,3 milliard l'an prochain.