Delevoye favori pour la présidence du Conseil économique et social

Publié le 15/11/2010
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) se réunit demain pour élire un nouveau président, le Médiateur de la République Jean-Paul Delevoye, appuyé par l'Elysée, partant favori face au président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant.
Delevoye favori pour la présidence du Conseil économique et social
Delevoye favori pour la présidence du Conseil économique et social
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) se réunit demain pour élire un nouveau président, le Médiateur de la République Jean-Paul Delevoye, appuyé par l'Elysée, partant favori face au président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant.

Vosges Matin, Lundi le 15 Novembre 2010 / France

 

 

Jean-Paul Delevoye a le soutien de Nicolas Sarkozy pour la présidence du CESE. (Photo archives AFP)

Le nouvel élu, qui succédera à un dirigeant patronal, Jacques Dermagne, aura la rude tâche de donner un nouveau départ à une institution délaissée que le président Nicolas Sarkozy vient de moderniser par une réforme de sa composition et en élargissant ses missions.

D'emblée pourtant, le choix par le Conseil des ministres des 40 « personnalités qualifiées » sur 233 membres (syndicalistes, mutualistes, patrons, artisans, professions libérales, etc.), a jeté une ombre sur la portée de ce dépoussiérage, plus d'une douzaine d'entre elles étant des élus de la majorité ou apparentés alors que le CESE est censé représenter la société civile.

Un coût de 37, 6 millions d'euros par an

Cette assemblée consultative, qui ne se réunit que quatre après-midi par mois en plénière et coûte 37,6 millions d'euros par an au contribuable, est chargée d'éclairer le gouvernement sur ses choix économiques et sociaux.

Elle est en fait saisie au compte-gouttes par l'exécutif (28 fois sur les cinq dernières années) et ses avis sont rarement suivis par le pouvoir politique, comme sur le travail du dimanche.

Au point qu'une voix certes isolée -- le député UMP Hervé Mariton -, vient de réclamer sa suppression, estimant qu'il « ne sert à rien ».

Hébergé au Palais d'Iéna à Paris (16e), le Conseil subit en outre la concurrence de divers organismes (Conseil d'orientation des retraites, Conseil d'orientation de l'emploi, etc.) qui contribuent à le marginaliser.

Le CESE « passe largement inaperçu de l'opinion publique, assurément, mais aussi, ce qui est plus préoccupant, des pouvoirs publics », et il a le tort de fonctionner « en vase clos », selon un rapport remis à Nicolas Sarkozy en 2009.

Il vient de subir un vaste toilettage. Vont y siéger à partir de demain, pour la première fois, une trentaine de représentants d'associations écologiques et quatre de la jeunesse, qui feront baisser la moyenne d'âge (autour de 60 ans), ainsi que 50 % de femmes. Ses prérogatives ont été étendues à l'environnement.

Régulièrement critiqué pour servir de « lot de consolation », selon le rapport de 2007, le CESE n'échappe pas cette année encore à la polémique, Nicolas Sarkozy y ayant envoyé son conseiller social Raymond Soubie, sur le départ et qui devrait diriger le groupe des « personnalités qualifiées ».

En outre, le favori du scrutin de demain, Jean-Paul Delevoye, qui n'a pas parlé à la presse, « est clairement le candidat de l'Elysée », selon Le Figaro. S'il est élu, ce sera la première fois que cette assemblée sera dirigée par un homme politique.

En optant pour M. Delevoye, 63 ans, maire UMP de Bapaume (Pas-de-Calais) et ancien ministre (2002-2004), le chef de l'Etat fait un geste en direction de la fraction chiraquienne de son parti.

Les soutiens du Médiateur vont toutefois bien au-delà, FO, notamment, ayant sollicité ce « républicain, attaché au dialogue social ».

Son challenger Jean-Pierre Davant, appuyé par les mutuelles et la CFDT, notamment, accuse M. Sarkozy de « politiser à l'extrême » le CESE. M. Davant fait campagne pour que le CESE soit « une caisse de résonance de la société civile, pas un étouffoir ».

Il veut aussi « en finir avec la culture du consensus à tout prix » chère à l'institution, alors que la recherche « d'un plus petit dénominateur commun » a affadi ses recommandations.

M. Davant est toutefois donné perdant parmi les conseillers, certains de ses soutiens n'excluant pas qu'il renonce.