Demain, journée d'actions contre l'austérité

Publié le 12/12/2011
Des rassemblements à l'appel des syndicats sont prévus demain partout en France contre les plans d'austérité du gouvernement perçus comme « injustes », l'hypothèse de nouvelles actions étant d'ores et déjà évoquée pour janvier en contrepoint du sommet social convoqué par Nicolas Sarkozy.
Demain, journée d'actions contre l'austérité
Demain, journée d'actions contre l'austérité
Des rassemblements à l'appel des syndicats sont prévus demain partout en France contre les plans d'austérité du gouvernement perçus comme « injustes », l'hypothèse de nouvelles actions étant d'ores et déjà évoquée pour janvier en contrepoint du sommet social convoqué par Nicolas Sarkozy.

© Vosges Matin, Lundi le 12 Décembre 2011 / France

 

 

Bernard Thibault (CGT) : « Pas besoin d'un plan de rigueur pour qu'il y ait des mesures anti-sociales » (Archives)

Après l'annonce début novembre par le Premier ministre, François Fillon, d'un deuxième plan de rigueur, l'intersyndicale -- CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa -- a lancé un appel à des mobilisations durant la première quinzaine de décembre, avec comme « point fort » des rassemblements le 13 du mois.

A Paris, c'est sur le pont de la Concorde face à l'Assemblée nationale que les salariés sont invités à se réunir en début d'après-midi, derrière les leaders syndicaux dont Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT).

Participation de FO

Des rassemblements sont prévus aussi dans les villes de provinces, devant, souvent, des préfectures (comme à Marseille), le Conseil général (Lyon) ou les bureaux de la Sécurité sociale (Lille).

FO qui boudait depuis deux ans l'intersyndicale a préféré, cette fois, participer à la mobilisation en laissant à ses unions départementales le soin d'en décider localement, tout en martelant sa proposition d'un appel à la grève.

La mobilisation vise à « interpeller » le gouvernement et les élus pour leur dire que l'austérité « n'est pas la solution à la crise », qu'il risque « d'entraîner la récession » et qu'il « fait porter les efforts sur les salariés » en « creusant les inégalités ».

Au diapason des syndicats, près d'un Français sur deux (44 %) estime que la politique de rigueur du gouvernement « va trop loin », selon un sondage Ipsos Logica début décembre.

Le Premier ministre a promis qu'après deux plans annoncés, il n'y aurait pas dans l'immédiat un « troisième plan de rigueur », sans exclure des ajustements, si nécessaire.

« Pas besoin d'un plan de rigueur pour qu'il y ait des mesures anti-sociales », rétorquait vendredi Bernard Thibault qui condamnait aussi l'accord trouvé au sommet européen de Bruxelles. Il se traduira, selon lui, par « plus d'austérité » au profit des « spéculateurs ».

Mais au-delà des mobilisations de décembre, les organisations syndicales se trouvent devant l'équation posée par l'invitation du président de la République à un sommet sur l'emploi, en janvier, pour trouver des solutions à la flambée du chômage. Malgré leur scepticisme sur son efficacité et leur réserve sur le calendrier, en pleine campagne électorale, elles ont accepté d'y prendre part.

En annonçant vendredi sa participation -- après quelques hésitations- la CGT a proposé de mettre ce sommet « sous la pression d'une mobilisation ». « Nous ferons la proposition à l'intersyndicale » qui se réunira de nouveau le 19 décembre « de discuter de l'opportunité d'organiser une journée d'action » le jour de la tenue de ce sommet, a annoncé Nadine Prigent, secrétaire confédérale CGT.

Salariés inquiets

Mais, Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT, refuse de tirer des « plans sur la comète ». « On ne sait encore rien » de ce sommet, mi même sa date exacte. « Le 13 décembre on sera devant l'Assemblée nationale ». Pour la suite, « on fera le point de la situation quand on se retrouvera » à l'intersyndicale, dit-il.

Vu le contexte il est « difficile pour les syndicats d'organiser de grandes manifestations », jugeait la semaine dernière François Chérèque. A quelques mois de la présidentielle -- où les attentes se concentrent sur les projets politiques -- et en pleine dérive de la dette et des déficits -- qui inquiètent 91 % des Français, selon un récent sondage Ipsos -- les « salariés se replient sur eux-mêmes et sont inquiets », soulignait-il.