Demandeurs d'emploi : la file s'allonge encore

Publié le 27/12/2011
Le pire est encore à venir
Demandeurs d'emploi : la file s'allonge encore
Demandeurs d'emploi : la file s'allonge encore
Le pire est encore à venir

© Vosges Matin, Mardi le 27 Décembre 2011 / France / PARIS

Les rangs des demandeurs d'emploi ont encore grossi en novembre, pour le septième mois consécutif, avec 29 900 personnes de plus, sans aucune activité, inscrites à Pôle emploi et même 51 800 en comptabilisant celles ayant eu une activité réduite, selon les chiffres du ministère du Travail publiés hier.

En France métropolitaine, 2 844 800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2 % en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.

Le pire est encore à venir

En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4 244 800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6 % sur un an) - 4 510 500 avec les départements d'outre-mer -- un nombre qui pourrait encore augmenter dans les mois à venir. « On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel », explique Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE. « Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7 % », a-t-il ajouté. Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4 % fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.

Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3 % au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9 % à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.

Hier, il a simplement « pris acte » de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une « conséquence directe du ralentissement de l'activité économique » et assurant qu'il restait « entièrement mobilisé ».

De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.

Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.