Déni et non-dit

Publié le 03/04/2012
A défaut de relancer les hauts fourneaux, le président-candidat a rallumé le feu à Florange.
Déni et non-dit
Déni et non-dit
A défaut de relancer les hauts fourneaux, le président-candidat a rallumé le feu à Florange.

© L'Est Républicain, Mardi le 03 Avril 2012 / Une-PTM

 

Dans nos colonnes, hier, Nicolas Sarkozy a accusé CFDT et CGT d'avoir trahi la confiance des salariés d'ArcelorMittal en mêlant syndicalisme et politique. Réplique des organisations visées, remontées contre des « propos dangereux pour la démocratie sociale » : il est « nocif de faire des corps intermédiaires des boucs émissaires ». Dire qu'entre l'Élysée et les syndicats les relations sont au plus bas tient de l'euphémisme. À vrai dire, ces tensions dépassent les habituels excès de tribune. C'est le non-dit de cette campagne qui prétend pourtant faire de la réindustrialisation un thème majeur : la France ne pourra pas éviter une remise à plat de son droit social, des rigidités de son marché du travail. Attendue par nos partenaires européens, prompts à dénoncer notre déni face à la crise, cette réforme douloureuse a été à la base du renouveau industriel allemand. Le chef de l'État français n'a pas osé retenir le projet d'allocations chômage dégressives, mais avec ses contrats compétitivité-emploi, il ne cache pas ses intentions. Les syndicats crient au démantèlement larvé des acquis sociaux. Le ton monte faute de débat sur le fond.

Rémi Godeau