Dernières négociations

Publié le 11/12/2009
A trois jours de la grève programmée des routiers, patronat et syndicats ont entamé hier soir les négociations de la dernière chance dans un climat tendu.
Dernières négociations
Dernières négociations
A trois jours de la grève programmée des routiers, patronat et syndicats ont entamé hier soir les négociations de la dernière chance dans un climat tendu.

Vendredi 11 Décembre 2009, © Vosges Matin / FRANCE

Les syndicats et les patrons du transport se sont donné jusqu'à ce matin pour trouver un accord sur les salaires.
Les syndicats des quelque 500 000 salariés du transport routier de marchandises ont fixé à ce matin la date butoir pour obtenir un accord salarial. Faute d'accord, les routiers menacent de bloquer des entrepôts de la grande distribution. Les syndicats, qui avaient quitté la table des négociations mercredi en envisageant de boycotter la réunion d'hier, sont finalement revenus, déterminés à 'négocier tout le temps qu'il faudra', selon Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT Transports. A la reprise des discussions au ministère des Transports, chacun campait sur ses positions. Les syndicats réclament des hausses minimales de leurs salaires de 4%, le patronat propose une augmentation de l'ordre de 2%. 'Un ménage à trois' 'Il va falloir que les patrons se déballonnent un peu, ils n'ont fait aucune proposition en trois jours', a déclaré M. Dumont avant la réunion. 'Nous on a fait des concessions, les patrons n'ont pas bougé leurs lignes', a déclaré le président de la CFTC Transports routiers, Thierry Douine. Plusieurs syndicalistes ont reproché au patronat de se tourner vers l'Etat pour qu'il mette la main à la poche. Les syndicats viennent 'déposer des revendications, on ne vient pas chercher des subventions', a lancé le secrétaire général de FO Transports, Gérard Martinez. 'J'attends que les employeurs se comportent comme des employeurs et parlent des salaires' plutôt que de réclamer l'aide de l'Etat, a-t-il dit. 'C'est un ménage à trois', rétorque-t-on à la FNTR, la principale organisation patronale. Les organisations patronales ne cachent pas qu'elles attendent un nouveau geste du gouvernement et mettent en avant leurs difficultés dans un contexte de crise économique. Elles jugeaient 'insuffisante' la réduction de la taxe carbone de 100 millions d'euros à laquelle a finalement renoncé le gouvernement. Pour TLF, 'c'est un peu comme le Téléthon, c'est une promesse de don sur une année à venir, 2010'. Le gouvernement promet de 'diminuer un impôt supplémentaire, donc je ne vois pas où est l'économie et le cadeau fait au patronat', a lancé son président, Philippe Grillot. TLF, comme une autre organisation patronale, l'OTRE, dénonce le mélange des genres, avec l'utilisation d'une 'solution fiscale' pour un problème social.

Taxe carbone

Le gouvernement a renoncé à réduire de 100 millions d'euros la taxe carbone pour les entreprises du transport routier, disant qu'il préférait alléger leurs cotisations patronales du même montant. Le changement d'expression du gouvernement, s'il ne modifie rien en apparence pour les entreprises, survient en plein préparatif du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique dû aux émanations de CO2, venant notamment des poids lourds. Le secrétaire d'Etat Dominique Bussereau a annoncé mercredi une réduction de 100 millions d'euros de la taxe carbone pour les transporteurs routiers, afin de tenter d'éviter une grève des chauffeurs routiers salariés à partir de dimanche soir. ' On garde l'enveloppe de 100 millions d'euros, mais c'est une réduction des charges patronales et non une réduction de la taxe carbone ', a-t-on affirmé au ministère des Transports. Lait : ça va bouillir Deux organisations représentant des producteurs de lait, l'APLI et la Coordination rurale, ont affirmé hier qu'elles envisageaient de participer aux opérations de blocage des syndicats de routiers, pour protester contre les prix du lait. 'On va changer de tactique. On va tout bloquer. On est en train de discuter avec les routiers', a affirmé Pascal Massol, le président de l'Association des producteurs laitiers indépendants (APLI), au micro de France Bleu Périgord. 'On a de quoi perturber les fêtes de Noël. C'est malheureux d'en arriver là, mais c'est intenable. On veut vivre de notre métier', a-t-il expliqué. 'Si d'ici dimanche soir, on n'a pas un signal du ministre (Bruno Le Maire, ndlr) pour qu'il s'engage dans des discussions avec tous les producteurs de lait, on se joindra aux routiers' , a affirmé François Lucas, le président du syndicat agricole Coordination rurale. 'C'est un jeu qui ne rapporte que des soucis à tout le monde mais on ne nous laisse pas le choix. Les producteurs de lait sont en train de mourir économiquement' , a-t-il ajouté.