Des entreprises aux mains des salariés

Publié le 03/01/2012
Le modèle de société coopérative et participative (Scop), défendu par la CFDT de la compagnie de ferries transmanche SeaFrance pour poursuivre l'activité, est une entreprise dont les salariés détiennent la majorité des parts et sont associés à la gestion.
Des entreprises aux mains des salariés
Des entreprises aux mains des salariés
Le modèle de société coopérative et participative (Scop), défendu par la CFDT de la compagnie de ferries transmanche SeaFrance pour poursuivre l'activité, est une entreprise dont les salariés détiennent la majorité des parts et sont associés à la gestion.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 03 Janvier 2012 / IG /

 

 

 

Selon la Confédération générale des Scop (qui regroupe 95 % d'entre elles), les salariés sont des « co-entrepreneurs » qui détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des voix lors des votes en assemblée générale.

Ces salariés associés sont amenés à voter sur les décisions stratégiques selon le principe « 1 personne = 1 voix ».

Outre leur salaire, les salariés peuvent en cas de bénéfice toucher des primes classiques de participation ou d'intéressement, mais aussi des dividendes.

Les Scop ont, à l'instar des autres entreprises, un objectif de rentabilité mais elles privilégient une vision de pérennité à long terme plutôt qu'un retour sur investissement à court terme.

En cas de départ de l'entreprise, le capital apporté par un salarié est remboursé sans plus-value.

Fin 2010, la Confédération générale (CG) des Scop comptait 1 959 adhérentes, pour un total de 39 100 salariés. Fin 2000, le nombre de salariés de Scop était de 32 240 dans 1 426 structures, toujours selon la CG des Scop. Leur chiffre d'affaires cumulé s'est élevé en 2010 à 3,5 milliards d'euros.

Le dividende moyen par salarié est de 550 EUR, la participation/intéressement de 2 440 EUR en moyenne et le capital détenu de 6 600 EUR en moyenne.

La taille des Scop va d'une poignée de salariés à 1 350 dans l'entreprise Acome, basée en Basse-Normandie (câbles et de fibres optiques). Les très petites structures sont les plus nombreuses : 60 % des Scop ont moins de 10 salariés, 33 % de 10 à 50 et 9 % comptent 50 salariés et plus.

Historiquement, ce modèle s'est d'abord développé dans le secteur du bâtiment (11 250 salariés aujourd'hui, 427 Scop) et de l'industrie (9 135 salariés, 360 Scop), mais il s'est beaucoup élargi aux services ces dix dernières années (18 140 salariés, 1 135 Scop).

Les Scop peuvent être créées lors du lancement d'une activité mais aussi lors d'une reprise d'activité. La reprise en Scop après une liquidation ou un redressement judiciaire est toutefois très minoritaire. Lorsqu'il y a reprise par les salariés, c'est le plus souvent lors du départ à la retraite du chef d'entreprise.

Le taux de survie d'une Scop est, au bout de trois ans, de 74 % selon la CG, contre 66 % pour la moyenne des entreprises.