Des moteurs français à l'export

Publié le 10/08/2012
Les sites de Champigneulles (54) et Belfort (90) de G E Energy équiper ont 23 méthaniers sud-coréens en moteurs électriques et systèmes de propulsion.
Des moteurs français à l'export
Des moteurs français à l'export
Les sites de Champigneulles (54) et Belfort (90) de G E Energy équiper ont 23 méthaniers sud-coréens en moteurs électriques et systèmes de propulsion.

© L'Est Républicain, Vendredi le 10 Aout 2012 / Ouverture Région Lorraine + Vosges Matin

 

Des retombées en termes d'emplois sont probables pour le site de Nancy-Champigneulles qui compte actuellement 480 salariés. Photo Archives ER

Moins d'un an après le rachat de la division « Conversion d'énergie », baptisée alors Converteam et implantée à Nancy-Champigneulles, Belfort et Massy, General Electric Energy vient d'annoncer une série de commandes portant sur la livraison de moteurs hybrides et de systèmes de propulsion afin d'équiper des méthaniers sud-coréens.

Selon la division du géant américain, les contrats portent dans le détail sur « des convertisseurs, des moteurs à induction, des transformateurs, des générateurs, des tableaux de distribution et des systèmes de contrôle de la propulsion des navires ».

Du travail jusqu'en 2015

Ces équipements seront installés sur 23 nouveaux navires de transport de gaz naturel liquéfié pour les groupes coréens Daewoo Shipbuilding et Hyundai Heavy Industries. Ils représenteront une puissance de propulsion totale de 1.105 mégawatts.

L'ensemble de la fabrication des moteurs « sera confié au site meurthe-et-mosellan de Nancy-Champigneulles qui emploie actuellement autour de 480 personnes, intérimaires et CCD compris », confirme Paul Floren, de la direction de la communication du conglomérat américain. Belfort se chargera de concevoir les systèmes de propulsion, dans le centre d'excellence GE de la marine marchande, lequel compte 230 salariés.

Selon Paul Floren, « la livraison des premières commandes interviendra d'ici la fin de l'année. Quant aux montants des marchés, nous ne pouvons les révéler pour cause de confidentialité. Ce sont nos clients qui nous le demandent ». Ces contrats devraient toutefois garantir aux deux sites de l'activité jusqu'à « mi-2015 ». Évidemment, des retombées en termes d'emplois sont attendues. Pour le site belfortain, elles seraient de quinze à vingt embauches.

Une solution qui réduit de 30 % le coût du déplacement

Pour Nancy, si la direction n'est pour le moment pas en mesure de chiffrer précisément l'impact en termes d'emploi, elle assure que des créations de postes sont possibles. « Une bonne nouvelle », indique le maire de Champigneulles, Claude Hartmann, qui n'a pas été informé par la direction du site local de ce gros contrat. Yvan Kouskoff, délégué central CFDT de la division « conversion d'énergie » et qui lui aussi découvre l'annonce, juge positivement ce marché. « Ce ne sont pas des petits moteurs et ils vont garantir du travail à l'ensemble de la division pour les trois années qui viennent », estime-t-il.

La technologie développée est innovante et très compétitive. Ces moteurs combinent une propulsion électrique et une propulsion thermique (gaz, pétrole), à la place de propulsions classiques utilisant des chaudières ou des turbines à vapeur. L'avantage est triple. D'abord, cette propulsion hybride « permet de maintenir une vitesse constante. Or pour ce type de méthanier, ce sont les variations de vitesse qui consomment de l'énergie », explique encore Paul Floren. Cette technique permettrait ainsi de réduire jusqu'à 30 % le coût du déplacement. Les ingénieurs ont réussi aussi à réduire la taille de ces moteurs, libérant du même coup de la place sur les navires pour le transport du gaz liquéfié. Enfin, un moteur électrique est par conception plus facile à réparer qu'un moteur thermique, puisqu'il présente moins d'éléments mécaniques. Les coûts d'entretien sont donc moindres.

Dans un contexte industriel particulièrement morose, ces contrats décrochés par la division française du groupe américain GE Energy apportent une bouffée d'oxygène et d'espoir. Ils démontrent en tout cas que le savoir-faire tricolore dans des métiers de pointe à de l'avenir, même dans un pays émergeant comme la Corée du Sud.

Alexandre POPLAVSKY