Deux salariés de Sanest en grève de la faim

Publié le 21/09/2012
Ils demandent la réintégration d'un ex-collègue, à Strasbourg
Deux salariés de Sanest en grève de la faim
Deux salariés de Sanest en grève de la faim
Ils demandent la réintégration d'un ex-collègue, à Strasbourg

© L'Est Républicain, Vendredi le 21 Septembre 2012 / Ouverture Région Lorraine + Vosges Matin

 

Strasbourg. Deux salariés de l'entreprise d'assainissement Sanest, filiale de Suez Environnement, à Strasbourg, sont en grève de la faim pour demander la réintégration d'un ex-collègue dont ils contestent le licenciement. Patrick Anglade, ancien employé du site de Metz âgé de 53 ans, a été licencié le 27 juillet pour « faute grave », la société l'accusant de « délit de fuite », ont expliqué les grévistes, qui ont débuté leur mouvement lundi dans le local du comité d'entreprise. La direction n'a pas souhaité communiquer sur le motif du renvoi. Selon une source syndicale, l'entreprise reproche à l'opérateur d'avoir assisté comme passager à un léger accident de la route causé par un chauffeur intérimaire.

« C'est un licenciement abusif et discriminatoire », a déclaré Taha Boudjada, délégué syndical CFDT en grève de la faim. « Il n'avait aucune responsabilité hiérarchique sur le chauffeur. C'est une discrimination liée à l'âge et au fait qu'il est handicapé », a-t-il ajouté. M. Anglade, qui a travaillé 12 ans chez Sanest, une filiale de Sita et Suez Environnement, est handicapé depuis un accident du travail.

Jean-Marc Devoir, directeur de Sanest s'est dit « surpris par l'ampleur et le caractère disproportionné » de la démarche employée, assurant que « le climat social dans l'entreprise est bon ». Il s'agit d'« une décision pleinement assumée par l'entreprise », a ajouté M. Devoir, qui s'est dit prêt à accompagner son ancien employé « dans sa démarche de retour à l'emploi », mais « en externe » uniquement. M. Anglade et les deux grévistes souhaitent au contraire une réintégration dans la société, et non un accord financier. « Sinon, après, ils auront tout gagné », a analysé Jean-Marc Pétri, délégué du personnel à Metz et second gréviste de la faim.