Dexia, première banque fauchée par la crise

Publié le 05/10/2011
Malgré une restructuration à marche forcée depuis 2010 sous l'impulsion de la Commission européenne, Dexia a été rattrapé par la crise de la dette.
Dexia, première banque fauchée par la crise
Dexia, première banque fauchée par la crise
Malgré une restructuration à marche forcée depuis 2010 sous l'impulsion de la Commission européenne, Dexia a été rattrapé par la crise de la dette.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 05 Octobre 2011 / IG /

Photo REUTERS

En annonçant des mesures qui pourraient aboutir à son démantèlement, Dexia devient la première banque de la zone euro à faire concrètement les frais de la crise de la dette qui la prive des liquidités dont elle a besoin.

La banque franco-belge Dexia, au bord de l'asphyxie trois ans après avoir échappé à la faillite grâce à l'aide des pouvoirs publics, court droit vers un démantèlement qui ferait d'elle le premier établissement européen victime de la crise de la dette.

LE FAIT DU JOUR

Le scénario catastrophe, qui suscite l'inquiétude des personnels, a affolé les investisseurs et fait plonger hier l'action du groupe, qui a fini la séance à Paris en chute libre de 22,46 %, à 1,01 EUR.

Coactionnaires, la France et la Belgique sont montés au créneau pour tenter d'enrayer la panique, en assurant qu'elles garantiraient avec leurs banques centrales les dépôts et le financement du groupe jusqu'à la liquidation qui se profile. « Les Etats belge et français répondront présents comme en 2008 », a assuré le ministre des Finances, François Baroin, à Luxembourg. « Tant la France que la Belgique sont prêtes à apporter une garantie pour les financements de Dexia, quelle que soit la forme que cela prendra », a renchéri son homologue belge Didier Reynders. « Les banques centrales de Belgique et de France soutiennent pleinement le groupe bancaire belgo-français Dexia », a indiqué la Banque centrale belge (BNB), ajoutant que « l'épargne des clients de Dexia Banque Belgique est parfaitement sécurisée ».

« Problèmes structurels »

Après six heures d'un conseil d'administration marathon, Dexia a ouvert la voie, dans un communiqué sibyllin publié dans la nuit de lundi à hier, à de nouvelles cessions et alliances pour résoudre ses « problèmes structurels ». Le conseil d'administration a mandaté l'administrateur délégué Pierre Mariani pour « préparer, en concertation avec les Etats et les autorités de contrôle, les mesures nécessaires pour résoudre (ces) problèmes ».

« L'ensemble du groupe Dexia serait à vendre », a indiqué un responsable syndical belge, Jean-Michel Cappoen, à l'issue d'une réunion de représentants de la direction et du personnel de la banque à Bruxelles. « C'est la fin d'une route [...] Les salariés sont inquiets », a résumé Pascal Cardineaud, un représentant de la CFDT au comité d'entreprise européen de Dexia. « On n'en est même pas au stade de savoir quels seront les impacts sociaux », a-t-il déclaré, soulignant l'absence de détails fournis par les dirigeants.

Dans son communiqué, Dexia a laissé entendre qu'il allait sans doute isoler hors de son périmètre le portefeuille de 95 milliards d'euros d'actifs à risque dont il cherche à se délester depuis des années et qui « pèse structurellement sur le groupe ».

Le gouvernement belge a annoncé hier soir avoir approuvé la création d'une «bad bank» pour isoler les actifs financiers à risques de l'établissement.

Selon Le Figaro, Dexia devrait céder en chaîne sa filiale turque Denizbank, les activités de gestion d'actifs, de banque privée mais aussi de la branche de banque de détail en Belgique, appuyée sur le vieux Crédit communal de Belgique. Quant au portefeuille de prêts aux collectivités locales en France, qui pèse environ 70 milliards d'euros, il serait repris par une société créée par la Caisse des dépôts et la Banque Postale, a-t-on appris dans l'entourage de la CDC.