Dialogue social : la méthode Ayrault à l'heure du test

Publié le 29/05/2012
Toute la journée vont défiler à Matignon les syndicats et organisations patronales, selon la « méthode » de « démocratie sociale » que le Premier ministre promet d'appliquer face aux défis des retraites et des salaires.
Dialogue social : la méthode Ayrault à l'heure du test
Dialogue social : la méthode Ayrault à l'heure du test
Toute la journée vont défiler à Matignon les syndicats et organisations patronales, selon la « méthode » de « démocratie sociale » que le Premier ministre promet d'appliquer face aux défis des retraites et des salaires.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 29 Mai 2012 / IG /

 

 

Le style Ayrault sur un marché près de Nantes. Les partenaires sociaux saluent la nouvelle méthode impulsée par le gouvernement, « un signal positif donné pour le dialogue social », selon la CFDT. Photo AFP

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, consultera aujourd'hui un à un les syndicats et le patronat. Parmi les chantiers en tête du calendrier gouvernemental, deux promesses de François Hollande divisent particulièrement syndicats et patronat : le retour à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt et le coup de pouce au Smic.

« Je vais écouter attentivement la manière dont ils voient l'instauration dans la durée du dialogue social et la démocratie sociale », a affirmé le Premier ministre la semaine dernière.

S'agissant du Smic, deux syndicats, FO et la CGT, réclament une forte hausse. Laurence Parisot, patronne du Medef, juge qu'une augmentation « ne serait pas une bonne nouvelle pour l'emploi ». La CGT apportera en outre aujourd'hui au Premier ministre et à Arnaud Montebourg (Redressement productif), une liste de 46 entreprises en redressement ou en liquidation, soit près de 45 000 emplois menacés.

Le syndicat de Bernard Thibault réclamera d'urgence des moyens supplémentaires pour financer le chômage partiel. Parisot expliquera, elle, que « lutter contre les licenciements, c'est d'abord favoriser l'embauche. Et donc éviter toute mesure économique et sociale qui freine les embauches ».

« Déraisonnable » et « insupportable »

Les marges budgétaires du gouvernement sont étroites. La patronne du Medef s'est appuyée dès dimanche sur cet argument pour espérer le « convaincre d'amender » un certain nombre de projets, « trouver le meilleur consensus ».

« François Hollande et son Premier ministre disent être ouverts à une méthode de travail très collaborative », le Medef va « leur montrer » que l'augmentation des prélèvements obligatoires induite par le programme de François Hollande serait « insupportable ».

L'augmentation envisagée de 0,1 % par an des cotisations de retraite pour financer la promesse du président serait « totalement déraisonnable », estime la patronne du Medef. Pour Jean-Claude Mailly de Force ouvrière, au contraire, le gouvernement doit faire un effort supplémentaire en intégrant dans le calcul de ces retraites les périodes de « chômage et les fins de droit ».

Le Premier ministre sera entouré de Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique), lors des consultations : les cinq syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et les trois patronales (Medef, CGPME, UPA) seront reçues chacune une heure. Puis les jours suivants, d'autres organisations (Unsa, FSU et Solidaires) suivront à Matignon.

Les consultations sont une première étape, avant une conférence à Matignon pour définir les chantiers à inscrire au menu de la grande conférence sociale. Cette dernière est prévue avant le 14 juillet à l'Elysée.